Des ex-militaires français mis en examen pour atteinte au secret défense
Des ex-militaires français mis en examen pour atteinte au secret défense

Trois anciens militaires, dont deux passés par l’Élysée, sont soupçonnés d’avoir manipulé et diffusé des informations classées confidentielles. Avec deux civils, ils ont été mis en examen le 24 mai pour divers délits relatifs au secret de la défense nationale. L’enquête reste en phase préliminaire, mais les soupçons pèsent sur une société se présentant comme spécialisée en renseignement.

Secrets militaires et entreprise privée

Selon le parquet de Paris, les cinq personnes poursuivies — quatre hommes et une femme — sont mises en cause pour soustraction, détournement, reproduction et divulgation de documents classés secret défense. Elles sont aussi soupçonnées d’avoir exercé illégalement, en bande organisée, des activités d’intermédiation pour la fabrication ou le commerce de matériel militaire. Les faits concernent leur implication dans une entreprise baptisée Archange Solutions Osint, créée en septembre dernier par David B., principal suspect selon plusieurs sources. Né au Tadjikistan en 1991, il aurait travaillé un temps pour l’Élysée, une information confirmée par deux sources proches du dossier. Une co-mise en examen, également militaire, aurait, elle aussi, brièvement exercé à la présidence de la République.

Un dossier à la portée contestée

Le parquet a tenu à relativiser la gravité apparente de l’affaire. Aucun élément ne permettrait de conclure à un danger pour les opérations militaires ou pour la sécurité des personnes. Il est aussi précisé que la société concernée n’aurait pas réellement été active. Certains soupçons d’activités illégales en lien avec la Russie ont été évoqués au cours de l’enquête préliminaire, mais ces pistes n’ont pas été retenues par les juges d’instruction. L’infraction d’intelligence avec une puissance étrangère, pourtant initialement envisagée, n’a pas été retenue non plus. Tous les mis en examen ont été placés sous contrôle judiciaire, signe d’une relative modération dans l’analyse du dossier à ce stade. Les avocats des cinq personnes contestent les faits. Pour Me Antonin Gravelin-Rodriguez, avocat du fondateur d’Archange Solutions Osint, « ce dossier est le prototype de la montagne qui accouche d’une souris ». Il rappelle que seules les infractions les moins graves ont été retenues pour l’instant. Me Hugo Latrabe, défenseur de la co-mise en examen, évoque « une carrière militaire irréprochable » et « un engagement patriotique indéniable ». Tous affirment qu’ils démontreront l’innocence de leurs clients.

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