L’hippodrome de Chantilly, dans l’Oise, accueille ce week-end un salon du chiot qui fait bondir les associations de défense animale. Tandis que plus de 500 chiots issus d’une trentaine d’élevages professionnels tentent de séduire les visiteurs, deux collectifs, Paz et Argos 42, dénoncent une pratique qu’ils jugent incompatible avec l’éthique animale.
Des vitrines jugées irresponsables par les militants
À l’extérieur de l’enceinte, quelques militants du Parti animaliste alertent les familles sur les risques d’achat impulsif. Selon eux, les animaux sont vendus comme des produits de consommation, souvent sans respect du délai légal de rétractation. Un rapport d’Argos 42 publié en 2024 estime que près de la moitié des chiots achetés dans ces salons finissent abandonnés. Les organisateurs contestent fermement ces chiffres, tout comme l’idée selon laquelle ces événements encourageraient une forme de trafic ou d’élevage intensif. La commune de Nogent-sur-Oise, alertée par les mêmes associations en juillet, s’est récemment engagée à ne plus accueillir ce type de manifestation. Chantilly, en revanche, laisse le salon se dérouler, rappelant que l’événement se tient sur un site privé, propriété de l’Institut de France, et qu’aucune infraction n’a été constatée.
Des professionnels qui défendent leur modèle
Face aux critiques, les éleveurs revendiquent leur sérieux. Vaccins à jour, visites vétérinaires après chaque salon, suivi des adoptions : les exposants assurent prendre soin de leurs animaux. Ils considèrent ces salons comme un outil essentiel pour maintenir leur activité, dans un contexte de chute des ventes à domicile. Le coût d’un chiot racé dépassant souvent les 1 000 euros, ils estiment que les acheteurs sont pleinement conscients de leur engagement. Pour Kevin Blaison, organisateur du salon, la polémique n’est pas nouvelle. Il assure que les salons sont déclarés auprès du ministère de l’Agriculture et rappelle que de nombreuses salles privées peuvent accueillir ses événements, même en cas de refus municipal. Tandis que les opposants regrettent l’absence de réponse de la ville et de l’Institut de France, la mairie de Chantilly affirme ne pas disposer d’éléments justifiant une intervention. Le débat, lui, reste ouvert : entre adoption raisonnée et commerce animalier assumé, le modèle des salons du chiot divise toujours davantage.