La nouvelle grille du Crous est tombée sans fanfare, cachée dans le Journal officiel : pour 2025-2026, pas un centime de plus qu’en 2024-2025. Les étudiants espéraient un rattrapage ? Ils devront se contenter du statu quo : de 1 454 € pour l’échelon 0 bis à 6 335 € pour l’échelon 7, versés en dix mensualités (douze seulement pour quelques heureux élus durant l’été). Le ministère plaide l’inflation maîtrisée ; les syndicats étudiants parlent de gel déguisé.
Qui a droit à quoi, exactement ?
Tout se joue sur l’avis d’imposition 2024 des parents : plus le revenu fiscal de référence de 2023 est bas, plus l’échelon monte. Autres conditions : avoir moins de 28 ans lors de la première demande, être inscrit à plein temps dans un établissement public ou privé habilité, en France ou dans l’Union européenne. Résultat : un étudiant classé échelon 4 touchera 458,70 € par mois, tandis que le palier 1 plafonne à 216,30 €. Le simulateur en ligne du Crous permet de se situer, mais ne révèle pas la question qui fâche : avec des loyers en hausse et un ticket resto à 4 €, ce gel ressemble déjà à une ponction déguisée sur le budget des boursiers.
Tout miser sur le “0 bis”, le nouveau seuil de la précarité
Introduit pour élargir la base sans trop dépenser, l’échelon 0 bis verse 145,40 € mensuels aux étudiants dont les parents frôlent la pauvreté statistique; assez pour un abonnement de transport et deux sacs de courses, pas plus. À l’autre extrême, les 633,50 € de l’échelon 7 n’atteignent même pas le loyer moyen d’un studio parisien. La prochaine réforme promise depuis deux ans devra trancher : maintenir la charpente actuelle ou revoir totalement la copie. À court terme, les 500 000 bénéficiaires n’auront qu’une certitude : ils toucheront la même somme qu’en 2024, tandis que le coût de la vie, lui, ne s’est pas mis sur pause.