La défiance envers les responsables politiques atteint un niveau élevé chez les 18-29 ans. Selon une enquête Ipsos/BVA publiée mardi 6 octobre, 78 % des jeunes interrogés considèrent que les élus préparent mal leur avenir. À l’approche de la présidentielle de 2027, 64 % déclarent également ne pas faire confiance aux candidats pour prendre en compte leurs préoccupations. Réalisée en ligne du 23 juillet au 5 août auprès de 3 000 personnes, l’étude révèle que seuls un quart des répondants estiment que les responsables politiques comprennent leurs difficultés quotidiennes et agissent dans leur intérêt.
Cette distance ne se traduit pourtant pas par un rejet massif du scrutin : 80 % déclarent avoir l’intention de voter à la présidentielle, une intention qui reste à distinguer de la participation effective. Parmi ceux qui envisagent de s’abstenir, le sentiment que leur voix ne changera rien constitue le premier motif avancé. L’enquête fait aussi apparaître un contraste entre satisfaction personnelle et pessimisme collectif. Alors que 77 % se disent satisfaits de leur vie, seuls un quart sont confiants dans l’avenir de la France. Cette confiance tombe à 16 % chez les jeunes en difficulté financière, contre 32 % chez ceux qui se jugent à l’aise.
Le logement et l’emploi nourrissent l’inquiétude
Les perspectives matérielles concentrent une grande partie des craintes. Ainsi, 89 % des répondants pensent devoir travailler plus longtemps que les générations précédentes, 86 % anticipent un accès à la propriété plus difficile et 84 % redoutent davantage d’obstacles pour obtenir un emploi stable. Ces réponses expriment des anticipations, mais dessinent un sentiment largement partagé de dégradation des conditions d’entrée dans la vie adulte. Dans ce contexte, 79 % ont déjà envisagé de construire leur vie hors de France, dont 34 % sérieusement. Ce chiffre mesure une possibilité considérée, sans constituer une prévision de départs.
L’étude évalue également des propositions élaborées par le collectif Jeunesse 2027, réunissant 200 jeunes à l’initiative de l’université d’Aix-Marseille et du Cercle des économistes. Parmi les mesures les mieux accueillies figurent un bilan de santé gratuit à 20 ans, une garantie locative publique simplifiée, un accompagnement régulier à l’orientation et des ateliers consacrés à la santé mentale durant la scolarité. La protection du vivant, la participation citoyenne et les recours contre les discriminations suscitent aussi une forte adhésion. Destinées à être présentées aux candidats, ces propositions donnent un contenu concret aux attentes d’une génération qui conserve l’intention de voter tout en doutant de la capacité des dirigeants à améliorer ses perspectives.

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