Plus de quatre décennies après l’attentat antisémite de la rue des Rosiers, qui avait endeuillé le cœur du Marais à Paris en 1982, un nouveau rebondissement judiciaire survient. Selon Le Parisien, l’Autorité palestinienne a informé la France, mercredi 17 septembre, de l’arrestation en Cisjordanie d’un suspect recherché depuis des années.
Un crime qui avait marqué la France
Le 9 août 1982, un commando armé avait attaqué le restaurant Jo Goldenberg, jetant une grenade avant d’ouvrir le feu sur les passants. En trois minutes, six personnes avaient été tuées et vingt-deux blessées. L’action avait été attribuée au Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal, groupe dissident connu pour ses attaques sanglantes. L’homme interpellé figure parmi les quatre suspects visés par des mandats d’arrêt internationaux. Localisés en Cisjordanie, en Jordanie et au Koweït, ils étaient restés hors d’atteinte de la justice française pendant plus de quarante ans.
Une extradition encore incertaine
Le parquet national antiterroriste (PNAT) a déjà requis un procès aux assises contre six hommes, dont Abou Zayed, principal suspect extradé de Norvège en 2020 et mis en examen en France. La question se pose désormais pour ce nouveau détenu : pourra-t-il être remis aux autorités françaises ? Les procédures d’extradition exigent des conventions bilatérales entre États. Or, la France s’apprête à reconnaître officiellement l’État palestinien le 22 septembre, mais cette reconnaissance ne vaut pas admission à l’ONU, toujours bloquée par le veto américain. Sans ce cadre, l’extradition reste juridiquement complexe. Quarante-trois ans après le drame, l’arrestation vient toutefois rappeler que la justice n’abandonne pas les victimes de l’attentat de la rue des Rosiers.