Après plusieurs semaines de crispations et une suspension forcée de ses travaux, la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public s’apprête à reprendre ses auditions. La reprise est annoncée pour la semaine du 19 janvier, à la suite d’une réunion exceptionnelle de son bureau organisée début janvier afin de remettre un cadre jugé indispensable au bon déroulement des débats. Cette réunion interne intervient dans un climat tendu. Fin décembre, la succession d’incidents lors de certaines auditions, impliquant notamment des responsables de Radio France, avait conduit à une interruption des travaux. Les échanges avaient alors été jugés excessifs, parfois accusatoires, au point d’alimenter un malaise jusque dans l’hémicycle et au-delà, sur les réseaux sociaux comme dans les médias. Face à cette dérive, le président de la commission a estimé nécessaire de rappeler ce qu’il considère comme des règles élémentaires de fonctionnement. L’objectif affiché est de rétablir un cadre garantissant la dignité des échanges et d’éviter toute confusion entre travail parlementaire et mise en scène politique.
Un rappel à l’ordre pour éviter la commission spectacle
Lors de cette réunion, le bureau de la commission a acté un ensemble de principes destinés à encadrer strictement les auditions à venir. Il a été rappelé que la commission ne devait en aucun cas se transformer en tribunal politique, ni en lieu de règlements de comptes individuels. Le président a insisté sur l’exigence d’un respect absolu des personnes auditionnées, condition jugée non négociable pour la poursuite des travaux. Parmi les règles avancées figure l’interdiction de toute communication en temps réel sur les réseaux sociaux pendant les auditions. L’objectif est d’éviter le détournement de propos hors contexte et la surenchère médiatique. Un engagement de sobriété a également été demandé au rapporteur, au président et aux membres du bureau dans leurs prises de parole publiques parallèles aux travaux de la commission. Autre point sensible, la question de l’usage des propos recueillis. Il a été rappelé qu’aucune déformation ou travestissement des déclarations des personnes auditionnées ne serait toléré, que ce soit dans l’espace médiatique ou sur les plateformes numériques. Enfin, il a été décidé que tous les documents évoqués ou cités au cours des auditions devraient être systématiquement communiqués au bureau de la commission, afin d’éviter toute ambiguïté sur les sources utilisées.
Une reprise sous surveillance étroite
Selon la présidence de la commission, ces règles ont été acceptées par le rapporteur et par l’ensemble des membres du bureau. Le président a assuré vouloir veiller personnellement, avec impartialité et indépendance, à leur application stricte. Il s’est également réservé la possibilité de prendre toute décision qu’il jugerait nécessaire au fil des auditions, si de nouveaux débordements venaient à se produire. La reprise des travaux s’annonce donc sous haute surveillance, dans un contexte où la crédibilité même de la commission a été questionnée. Le calendrier précis des prochaines auditions doit être communiqué dans les jours à venir, avec l’ambition affichée de recentrer les débats sur les missions, le financement et la gouvernance de l’audiovisuel public, loin des affrontements personnels qui ont marqué la fin de l’année précédente. Cette relance, sous conditions, constitue un test pour le Parlement. Elle devra démontrer que la commission est capable de mener ses investigations sans céder à la tentation du spectacle, dans un dossier particulièrement sensible où les enjeux politiques, médiatiques et institutionnels s’entremêlent étroitement.