Quatre hommes ont été mis en examen et placés en détention provisoire vendredi à Paris, soupçonnés d’avoir participé à l’enlèvement en avril 2024 d’Amir Boukhors, alias « Amir DZ », influenceur franco-algérien critique du régime d’Abdelmadjid Tebboune. Déjà visé par neuf mandats d’arrêt internationaux d’Alger, il avait été brièvement enlevé puis relâché, un événement qui aggrave les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie.
Un réseau d’exécutants et de diplomates sous couverture
Âgés de 32 à 57 ans, les suspects seraient des exécutants rémunérés, sans mobile politique, selon le parquet national antiterroriste. Ils rejoignent trois autres individus déjà mis en examen en avril, dont un agent consulaire algérien. L’enquête, menée par la DGSI, évoque aussi un sous-officier du renseignement algérien présent à Paris sous couverture diplomatique, mais non poursuivi à ce stade. La France soupçonne une opération orchestrée par Alger contre un opposant bénéficiant de l’asile politique depuis 2023.
L’avocat d’Amir Boukhors appelle à faire la lumière sur les liens entre ces hommes de main et les services algériens, sans que l’immunité diplomatique n’entrave la justice. Alger, de son côté, a vivement protesté après l’incarcération de son agent, tandis que Paris a riposté cette semaine par l’expulsion de plusieurs diplomates algériens.