A Lyon, le quartier Part-Dieu se met au vert
A Lyon, le quartier Part-Dieu se met au vert

Le second quartier d’affaires français abrite désormais l’un des plus grands bois urbains de l’Hexagone. A Lyon, la Part-Dieu connaît des bouleversements d’ampleur : végétalisation, voies cyclables, agrandissement de la gare TGV ou encore construction d’un nouvel hôtel « écologique » viennent restructurer un quartier en quête de renouveau, sous l’impulsion de l’homme d’affaires Olivier Pelat. Un tournant radical pour un fer de lance de l’économie française.

Végétalisation, mobilités douces et culture populaire au programme

C’est un quartier tout droit sorti de l’esprit des Trente Glorieuses. Sur le modèle de son grand frère de la Défense, cœur économique de la région Île-de-France, la Part-Dieu a vu émerger dans les années 1970 des gratte-ciel, dont les noms font aujourd’hui partie du patrimoine lyonnais : Silex 2, To-Lyon, Incity ou encore Oxygène. Des tours, du béton, beaucoup de voitures, peu d’arbres. Or, comme à Paris et dans la plupart des grandes villes françaises, la végétalisation est désormais à l’honneur. Dont acte : le bois de la Part-Dieu, inauguré au début du mois de janvier, s’étale sur 1,2 hectare et comprend plus de 140 arbres, 2 400 arbustes et 16 000 plantes vivaces.

Une réponse, selon la municipalité écologiste, au dérèglement climatique et à ses impacts sur les espaces urbains : « Nous savons que le phénomène de réchauffement climatique va continuer, voire s’accélérer, alors il nous faut rapidement adapter la ville », défendait ainsi Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon. Ce projet s’inscrit dans la végétalisation globale de la ville, l’exécutif municipal espérant, d’ici la fin de sa mandature, rendre 6 hectares à la nature. Second jalon de la transformation urbaine, la mutation des mobilités est aussi pleinement engagée dans le quartier. Près de 10 kilomètres de pistes cyclables devraient voir le jour d’ici 2030, alors qu’un parking vélo de 1 300 places  – le plus grand de France – a ouvert place Béraudier.

Un nouveau paradigme presque révolutionnaire pour un quartier initialement pensé pour la voiture. Et le modèle écologiste ne s’arrête pas là : la bibliothèque municipale de la Part-Dieu devrait s’agrandir de 4 000 m² d’ici 2036 et intégrer des volets d’éducation aux médias, au numérique et à l’intelligence artificielle. Avec, en prime, un espace de 1 000 m² dédié à la lutte contre le racisme, le sexisme et les discriminations, notamment à destination des écoliers lyonnais.

L’homme d’affaires Olivier Pelat promet un nouvel hôtel « très tourné vers l’écologie »

Ces transformations semblent se doubler d’une forte mobilisation des acteurs privés. Preuve en est l’ambition portée par l’homme d’affaires Olivier Pelat, président d’Européquipements. En juin dernier, il a posé la première pierre du futur Novotel, dont il espère l’ouverture au printemps 2027 : « Un établissement très tourné vers l’écologie », promet Olivier Pelat. De quoi expliquer la présence, à l’inauguration, de tout l’exécutif de la mairie et de la métropole, visiblement conquis par cette annonce. La perspective du Novotel Part-Dieu est aussi une nouvelle étape dans la montée en puissance de l’offre hôtelière du quartier, alors que le Campanile Part-Dieu vient, pour 6 millions d’euros, d’être entièrement repensé.

Les espaces de bureaux, logés dans les tours, devraient aussi connaître une cure de jouvence avec 300 000 m2 de bureaux à réhabiliter dans 36 immeubles d’ici cinq à six ans. Symbole de ce renouveau, le Britannia, détenteur du titre d’« immeuble le plus moche de Lyon », devrait être entièrement transformé d’ici 2030.

Bientôt, la Part-Dieu pourrait aussi accueillir davantage d’habitants. A terme, 2 200 logements devraient voir le jour dans le quartier, dont « 46 % seront accessibles aux revenus modestes », précise la Métropole, qui compte notamment capitaliser sur l’ancien site de la Caisse d’Épargne ou encore l’ancienne tour RTE. Une transformation en douceur donc, qui ne devrait pas trop entamer la spécialisation tertiaire du quartier, promet la municipalité.

Une gare engorgée bientôt redimensionnée ?

Et c’est enfin la gare TGV, porte d’entrée de la Métropole de Lyon, qui devrait connaître des travaux d’ampleur. Dimensionné à l’origine pour accueillir 35 000 voyageurs par jour dans les années 1970, le pôle d’échange multimodal Part-Dieu en voit aujourd’hui passer quatre fois plus. Et, pour 2050, 250 000 voyageurs sont attendus chaque jour. « L’espace voyageurs va être multiplié par trois, de nouveaux accès seront créés, ainsi qu’une nouvelle voie ferrée », promet Grégory Doucet, maire de Lyon, alors que la partie basse et la place Béraudier haute ont été successivement inaugurées en 2025. Les zones dédiées aux espaces commerciaux devraient elles aussi croître dans les années à venir, pour assurer la rentabilité de la gare.

Dans ce contexte de renouveau urbain, plusieurs projets restent cependant bloqués par les contraintes politiques ou administratives. L’immeuble B4, surnommé « la verrue de Part-Dieu », ne connaît pas encore son destin. La transformation du terrain occupé par France Télévisions est bloquée dans une période de restructuration et de difficultés financières de l’audiovisuel public. Quant au doublement de la place Gérard-Collomb, il se heurte encore à la fin de non-recevoir de l’État. Les Lyonnais n’ont donc pas fini de voir leur quartier d’affaires soumis au ballet des engins de chantier.

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