À Lyon, grandes questions autour de la ZFE
À Lyon, grandes questions autour de la ZFE

Alors que l’Assemblée nationale entame ce mercredi 9 avril l’examen d’une proposition de loi visant à simplifier – voire supprimer – les Zones à faibles émissions (ZFE), le débat s’enflamme dans les métropoles concernées. À Lyon, bastion écologiste, la perspective d’une remise en cause de ce dispositif jugé efficace suscite une vive inquiétude. En première ligne, Bruno Bernard, président écologiste de la Métropole de Lyon, dénonce une remise en cause de « mesures de santé publique » indispensables. Pour rappel, les ZFE ont été instaurées afin de limiter l’accès des centres urbains aux véhicules les plus polluants, identifiés par leur vignette Crit’Air. À Lyon, les véhicules classés Crit’Air 3, 4 et 5 sont déjà exclus de la zone depuis le 1er janvier 2025. L’objectif : améliorer significativement la qualité de l’air pour lutter contre les maladies respiratoires, cardiovasculaires et les décès prématurés.

Des résultats déjà visibles, selon Atmo

Selon Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, organisme de référence dans la surveillance de la qualité de l’air, les bénéfices du dispositif sont concrets. « Les différentes interdictions successives ont déjà permis une baisse de 20 % des émissions d’oxyde d’azote sur le territoire de la métropole », indique Marine Latham, sa directrice générale. Cette amélioration a été enregistrée dès les premiers mois d’application. Mais l’enjeu va au-delà des chiffres. À certains endroits stratégiques de la métropole lyonnaise – notamment le long du périphérique – les niveaux de pollution de l’air atteignent toujours des concentrations quatre fois supérieures aux recommandations de l’OMS. « Supprimer les ZFE, c’est un risque que les taux remontent puisqu’on va couper cet élan de renouvellement des véhicules », prévient Marine Latham. Pour les défenseurs du dispositif, revenir en arrière serait un non-sens écologique et sanitaire.

Un dispositif encore imparfait, mais crucial

Si les défenseurs des ZFE appellent à leur maintien, ils reconnaissent la nécessité de les adapter. « Il y a naturellement des améliorations à apporter dans ces ZFE, mais repartir à zéro serait vraiment déraisonnable », affirme Bruno Bernard. Le manque de contrôles constitue en effet l’un des principaux points faibles du dispositif. En l’absence de radars automatisés et avec des polices municipales aux priorités multiples, la mesure reste encore largement théorique.Pour autant, les enjeux de santé publique sont majeurs. « On estime à 40 000 le nombre de morts prématurées par an en France liées à la pollution de l’air », rappelle le président de la métropole. À Lyon, cette pollution ferait perdre jusqu’à quinze mois d’espérance de vie aux habitants de l’agglomération. La suppression éventuelle des ZFE s’annonce donc comme une décision à forts enjeux politiques, économiques… et humains. Entre impératifs écologiques, contraintes sociales et réalités de terrain, les députés devront trancher.

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