Icône du petit écran et symbole de douceur pour des générations de téléspectateurs, l’actrice américaine June Lockhart est décédée jeudi à l’âge de 100 ans à son domicile de Santa Monica, a annoncé samedi son porte-parole et ami de longue date, Lyle Gregory. Elle est morte de causes naturelles, entourée de proches, après avoir « gardé son esprit vif jusqu’à la fin, lisant chaque jour le New York Times et le Los Angeles Times ».
Fille du comédien Gene Lockhart, June s’est d’abord illustrée au cinéma avant de devenir une figure incontournable de la télévision américaine. Elle incarna deux des mères les plus célèbres de l’histoire du petit écran : Ruth Martin dans Lassie (1958-1964), la tendre maman du jeune Timmy, et Maureen Robinson dans Lost in Space (Perdus dans l’espace, 1965-1968), matriarche courageuse d’une famille en exil dans les étoiles. Ces rôles ont forgé sa réputation de mère bienveillante, toujours protectrice, dans un monde en mutation.
Une carrière ancrée dans la mémoire collective
Avant la télévision, June Lockhart avait tourné dans une trentaine de films, parmi lesquels Sergeant York, Meet Me in St. Louis ou encore Son of Lassie. Mais c’est le petit écran qui la fit entrer dans la légende, au moment où la télévision s’imposait dans les foyers américains. Malgré l’image de douceur qu’elle incarnait, elle aimait à rappeler qu’elle n’était pas du tout la femme docile que ses personnages suggéraient : « J’adore le rock, les concerts, les tanks de l’armée et le vol en planeur. Rien à voir avec Ruth Martin ! »
Après Lassie, elle devint la mère courage des Robinson dans Lost in Space, série devenue culte pour son ton kitsch et son imaginaire de science-fiction. « C’était comme travailler à Disneyland chaque jour », confiait-elle avec humour. Ses partenaires de tournage lui ont rendu hommage ce week-end : Angela Cartwright a salué sur Facebook « une femme pleine de curiosité, d’esprit et de rock’n’roll », tandis que Bill Mumy, son fils à l’écran, a décrit « une dame unique, indépendante et bienveillante ».
Une vie riche, entre passion et indépendance
Loin de se limiter à ses rôles télévisés, Lockhart mena une carrière éclectique : elle prêta sa voix à des films d’animation, fit des apparitions dans des feuilletons comme General Hospital ou Knots Landing, et continua de jouer au théâtre jusque tard dans sa vie. Passionnée par l’actualité, elle assistait même à des conférences de presse présidentielles avec son propre badge média.
Née à New York en 1925, elle avait fait ses débuts à huit ans à l’Opéra de la ville avant d’apparaître, enfant, dans A Christmas Carol (1938) aux côtés de ses parents. Mariée deux fois, elle laissa derrière elle deux filles, Anne Kathleen et June Elizabeth.
« Dans toute carrière, il est rare d’avoir un rôle qui vous appartienne vraiment, disait-elle. Moi, j’ai eu la chance d’en avoir deux. » À travers Lassie et Lost in Space, June Lockhart restera, pour des millions d’Américains, la mère qu’on rêverait tous d’avoir.