Greenpeace condamnée à verser 345 millions de dollars à l’exploitant d’un oléoduc
Greenpeace condamnée à verser 345 millions de dollars à l’exploitant d’un oléoduc

Un juge du Dakota du Nord a confirmé la condamnation de Greenpeace à verser 345 millions de dollars de dommages et intérêts au groupe américain Energy Transfer, exploitant du controversé oléoduc Dakota Access Pipeline. La décision constitue un revers majeur pour l’organisation écologiste, qui a annoncé son intention de faire appel.

Le jugement valide en partie la décision rendue en mars 2025 par un jury, qui avait reconnu trois entités de Greenpeace responsables de plusieurs chefs d’accusation, notamment diffamation, nuisance et violation de propriété privée. À l’époque, les jurés avaient fixé l’indemnisation à plus de 665 millions de dollars. Le juge a depuis réduit la somme, estimant que certains dommages avaient été comptabilisés en double, mais le montant reste particulièrement élevé.

Un contentieux lié aux manifestations de 2016-2017

Energy Transfer reprochait à Greenpeace d’avoir joué un rôle central dans les grandes mobilisations organisées en 2016 et 2017 contre la construction du Dakota Access Pipeline. Ce projet avait suscité une opposition massive, notamment de la tribu autochtone Sioux de Standing Rock, qui dénonçait un risque pour des sites sacrés et pour ses ressources en eau potable.

Les manifestations s’étaient soldées par des centaines d’arrestations et plusieurs blessés. L’entreprise pétrolière affirmait avoir subi un important préjudice financier en raison des retards et des troubles liés au mouvement de contestation.

Au cours du procès, les avocats d’Energy Transfer ont fait valoir que l’indemnisation devait également avoir un effet dissuasif, afin d’empêcher Greenpeace et d’autres organisations d’adopter des stratégies similaires à l’avenir.

Greenpeace dénonce une tentative d’intimidation

Greenpeace a réagi en dénonçant une tentative de « la faire taire » en la ruinant. L’ONG affirme ne pas être en mesure de payer une telle somme et considère que dénoncer des atteintes à l’environnement ne saurait être assimilé à une infraction.

Des observateurs du droit environnemental estiment que cette décision pourrait avoir un effet dissuasif plus large sur les mouvements écologistes. Greenpeace a engagé une procédure aux Pays-Bas, où se situe son siège international, en invoquant une législation européenne visant à lutter contre les poursuites abusives destinées à intimider les organisations.

Il s’agit de la deuxième action en justice intentée par Energy Transfer contre Greenpeace. Une première plainte, déposée en 2019 devant une juridiction fédérale américaine, avait échoué. L’issue de l’appel annoncé par l’ONG sera déterminante pour la suite de cette affaire emblématique des tensions entre acteurs industriels et mouvements environnementaux.

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