Vente de l’hôtel particulier de Bernard Tapie : un joyau bradé à Neuilly-sur-Seine
Vente de l’hôtel particulier de Bernard Tapie : un joyau bradé à Neuilly-sur-Seine

C’est un symbole qui change de main. Hier, l’hôtel particulier de Bernard Tapie à Neuilly-sur-Seine a définitivement été adjugé pour 10 millions d’euros, bien en deçà des 18 millions estimés par le fisc. Saisi en 2023 dans le cadre du recouvrement des dettes du couple Tapie, le bien, planté dans un parc arboré de la rue du Bois de Boulogne, a finalement trouvé preneur à l’issue d’une vente aux enchères judiciaire organisée au tribunal de Paris. Acquis en 2012 pour 15,2 millions d’euros via la société Dolol, le vaste hôtel particulier n’aura donc pas profité de la flambée du marché immobilier. Mis à prix à 9 millions, il a été remporté pour un million de plus par un homme d’une trentaine d’années, selon nos confrères du Parisien. Aucun des participants n’a souhaité surenchérir dans les dix jours impartis.

Un domaine d’exception, un feuilleton judiciaire clos

Avec ses 524 m² répartis sur trois niveaux, ses neuf pièces, son sous-sol équipé d’une cave à vin, d’un espace détente et d’un parking avec ascenseur pour voiture, le bien faisait figure de perle rare. Il comprend également une maison d’invités avec salle de sport et terrasse, ainsi qu’une maison de gardien avec mezzanine. Cette transaction vient solder un long épisode judiciaire. La Cour de cassation avait tranché en 2023 : Dominique Tapie, veuve du businessman, était bien propriétaire de l’ensemble. L’administration fiscale pouvait donc engager la vente pour solder une partie des dettes colossales liées à l’affaire du Crédit lyonnais.

Une tendance au recul sur le marché du luxe

Cette vente, en demi-teinte, s’inscrit dans un contexte plus large de baisse de valeur sur l’immobilier de prestige. À quelques kilomètres de là, la villa Savannah de Johnny Hallyday, à Marnes-la-Coquette, aurait, elle aussi été cédée pour un prix revu à la baisse : estimée à 26 millions, elle serait partie autour de 10,5 millions d’euros. De quoi permettre à Laeticia Hallyday de solder une dette fiscale de 7,7 millions d’euros. À Neuilly comme ailleurs, le marché du très haut de gamme semble lui aussi contraint de revoir ses prétentions. Même les légendes ne font plus recette au prix fort.

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