Un magnat égyptien échappe à un procès à Londres pour le meurtre d'une chanteuse libanaise
Un magnat égyptien échappe à un procès à Londres pour le meurtre d'une chanteuse libanaise

Le promoteur immobilier égyptien Hesham Talaat Moustafa a remporté vendredi une victoire judiciaire majeure à Londres, où il faisait face à une tentative de relance d’un procès civil lié à l’assassinat de la chanteuse libanaise Suzanne Tamim en 2008. Un tribunal britannique a annulé la procédure lancée contre lui par un ancien champion du monde de kickboxing qui l’accusait d’avoir commandité le meurtre.

Talaat Moustafa, figure influente du monde des affaires au Moyen-Orient et dirigeant du groupe immobilier éponyme, avait été reconnu coupable en Égypte d’avoir ordonné l’assassinat de Tamim. Selon le jugement rendu au Caire en 2009, il aurait versé une importante somme d’argent à un ancien policier égyptien pour qu’il tue la chanteuse dans son appartement de luxe à Dubaï. La victime, âgée de 30 ans, avait été retrouvée morte, poignardée à plusieurs reprises.

Le procès intenté à Londres par un ex-kickboxeur, dont l’identité n’a pas été rendue publique dans le cadre de cette affaire, prétendait que Talaat Moustafa devait également répondre de ses actes devant la justice britannique, les événements ayant eu des implications internationales. Toutefois, le juge londonien a statué que les faits avaient déjà été traités dans le système judiciaire égyptien, rendant inutile toute nouvelle procédure au Royaume-Uni.

Talaat Moustafa avait initialement été condamné à mort, mais sa peine avait ensuite été commuée à 15 ans de prison. Il a finalement bénéficié d’une libération anticipée en 2017 après avoir purgé environ neuf ans de détention, une décision controversée qui avait suscité de vives réactions en Égypte et dans le monde arabe.

Cette affaire avait à l’époque secoué l’opinion publique, tant en raison de la brutalité du crime que de l’implication d’un homme d’affaires de haut rang, perçu comme proche du pouvoir politique égyptien. Suzanne Tamim, star montante de la musique arabe, avait connu une carrière fulgurante avant d’être brutalement assassinée.

Avec cette décision de la justice britannique, Talaat Moustafa évite pour l’instant une reprise judiciaire à l’international. Son entourage n’a pas réagi publiquement, tandis que les avocats du plaignant envisageraient de faire appel.

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