NEW YORK — L’ancienne assistante personnelle de Sean “Diddy” Combs a livré vendredi un témoignage bouleversant lors du procès fédéral pour trafic sexuel visant le célèbre producteur. Identifiée sous le pseudonyme “Mia”, elle a raconté avoir été saisie de terreur en voyant l’artiste l’appeler sur son téléphone en 2023, quelques jours après le dépôt de la plainte très médiatisée de son ex-compagne, Cassie Ventura. Paniquée, elle a jeté son téléphone derrière un canapé avant de fuir à l’extérieur.
Mia est la deuxième des trois femmes attendues à la barre pour témoigner d’agressions sexuelles présumées commises par Combs. Elle a évoqué la peur intense ressentie en recevant un appel de D-Roc, un ancien garde du corps de la star, qui tentait de la remettre en contact avec son ancien patron depuis le domicile de ce dernier. “Je me suis sentie terrifiée, menacée, nerveuse”, a-t-elle déclaré, expliquant qu’elle cherchait un moyen de se protéger, convaincue que sa vie pouvait être en danger.
L’affaire intervient dans le sillage de la plainte de Cassie Ventura, qui accusait Combs d’abus sexuels prolongés. Le producteur a rapidement réglé la plainte à hauteur de 20 millions de dollars, mais a ensuite été inculpé en septembre pour trafic sexuel et complot de racket, des charges passibles de 15 ans à la réclusion à perpétuité. Les procureurs affirment que Combs et ses associés ont tenté de contacter ou d’influencer des victimes et des témoins après le dépôt de la plainte, ce qui a justifié le refus répété de sa libération sous caution.
Interrogée par la défense, Mia a dû expliquer pourquoi elle avait publié, en 2013, une photo le montrant en train de l’“aider à accoucher” dans une vidéo humoristique, accompagnée de la légende “Merci de m’avoir permis de donner naissance à mes rêves”. L’avocat de Combs, Brian Steel, s’est étonné de cet hommage public à celui qu’elle accuse aujourd’hui de viols répétés. Mia a répondu que ces publications n’étaient qu’une façade : “Instagram était un endroit où l’on montrait que sa vie était belle, même si ce n’était pas vrai.”
Mia a par ailleurs affirmé que Combs l’avait violée une première fois alors qu’elle dormait dans une couchette de sa maison de Los Angeles en 2009, quelques mois après un baiser forcé lors de son 40e anniversaire. Elle a décrit des agressions ultérieures, sporadiques mais suffisamment espacées pour qu’elle pense à chaque fois qu’elles ne se reproduiraient plus.
Employée de Combs de 2009 à 2017, y compris comme cadre dans sa société de production, Mia a déclaré que malgré les moments exaltants, les “bas étaient vraiment très bas”. Après son départ, elle a reçu une indemnité de 250 000 dollars dans le cadre d’un règlement partiel pour des bonus non versés et des heures supplémentaires impayées, mais n’avait à l’époque pas révélé les agressions à ses avocats. Elle dit aujourd’hui souffrir de stress post-traumatique, incapable de retravailler depuis.