NEW YORK — Le procès très médiatisé de Sean “Diddy” Combs a connu un tournant émotionnel vendredi avec le témoignage déchirant d’une ancienne compagne, entendue sous le pseudonyme “Jane”. En larmes, la jeune femme a décrit des “marathons sexuels” alimentés par la drogue, imposés par l’artiste, au cours desquels elle se voyait contrainte d’avoir des relations avec plusieurs hommes sous le regard du rappeur, malgré ses signaux répétés pour y mettre un terme.
Jane, qui a partagé la vie de Combs entre 2021 et 2024, affirme que le producteur de 55 ans la poussait à poursuivre ces actes, malgré ses tentatives subtiles pour s’en dégager. “Je lui disais que j’étais fatiguée, que j’avais faim, je faisais des gestes, des grimaces… mais il me disait juste : ‘finis fort’”, a-t-elle témoigné. Lorsqu’elle pleurait, il la réprimandait, lui disant ne pas pouvoir gérer ses émotions, trop “défoncé” pour y faire face.
Ce récit, qui survient dans la quatrième semaine du procès, présente de nombreuses similitudes avec celui de la chanteuse Cassie Ventura, également ex-compagne de Combs, qui a accusé l’artiste de l’avoir contrainte à des centaines de relations sexuelles avec des prostitués masculins. Jane évoque des “nuits d’hôtel”, des rendez-vous sordides qu’elle acceptait selon elle par peur de perdre les avantages matériels offerts par Combs, notamment un logement dont il continue de payer le loyer.
Elle a évoqué un épisode où, après avoir été droguée à l’ecstasy, elle s’est effondrée en larmes. Combs, indifférent, lui aurait dit : “Pas maintenant. Je suis trop high.” Lors d’une autre soirée, elle aurait vomi après avoir eu des relations avec deux hommes, avant que Combs ne l’encourage à poursuivre avec un troisième. “J’étais dégoûtée”, a-t-elle déclaré, évoquant ensuite des douleurs chroniques, des infections urinaires fréquentes et une souffrance émotionnelle profonde.
Jane a confié avoir tenté, en vain, de mettre fin à cette spirale. En 2021, elle avait rédigé un message sur son téléphone, jamais envoyé : “Je ne veux plus faire de drogues pendant des jours et être utilisée pour assouvir tes désirs bizarres.” Malgré ses efforts pour retrouver une relation “normale”, Combs lui aurait simplement répondu : “Girl, stop.”
Les procureurs affirment que Combs exploitait son pouvoir, sa richesse et son influence pour contrôler et abuser de femmes. Ils le poursuivent pour avoir dirigé une entreprise criminelle masquant des décennies d’abus sexuels, des accusations que l’artiste réfute. Son équipe de défense insiste sur le caractère consensuel des actes, affirmant qu’il s’agissait d’un mode de vie assumé, notamment dans les milieux échangistes.
Le procès a également entendu une autre plaignante, Bryana “Bana” Bongolan, qui affirme que Combs l’a suspendue dans le vide depuis un balcon en 2016. La défense a tenté de discréditer son témoignage en pointant les incohérences dans les dates et en évoquant les concerts donnés par l’artiste à cette période.
Sean Combs, qui plaide non coupable, risque la prison à perpétuité s’il est reconnu coupable. Le procès, encore en cours, continue d’exposer les dessous inquiétants d’un empire musical éclaboussé par des allégations de violences et de manipulation sexuelle.