Un gendarme du département de la Haute-Garonne est au cœur d’un scandale digne d’un mauvais polar : accusé d’avoir subtilisé des stupéfiants lors de contrôles routiers, il aurait alimenté le trafic de son propre frère. L’affaire, révélée par un signalement anonyme, a conduit la justice à ouvrir une information judiciaire le 30 avril 2025 pour vol par personne dépositaire de l’autorité publique, trafic et blanchiment de stupéfiants, ainsi que cession d’armes. Lors d’une perquisition au domicile du militaire, les enquêteurs ont découvert une capsule de cocaïne glissée dans sa tenue de service. Chez son frère, point de vente en herbe : de nombreux plants de cannabis. En garde à vue, le gendarme a reconnu avoir détourné drogues, bombes lacrymogènes et couteaux pour financer sa propre consommation. Il a également admis que son frère l’avait pressé de « s’approvisionner » pour son trafic.
De l’ordre à l’ombre
Pour faciliter les échanges criminels, l’intéressé aurait, à la demande de tiers, consulté illégalement des fichiers internes de la gendarmerie. Il aurait même fait transiter 250 € sur son compte personnel, issus de l’« affaire », et proposé deux pistolets à son frère – offre poliment déclinée. Le procureur de la République, David Charmatz, a confié le dossier à la section de recherche de Toulouse, tant le mélange d’abus de pouvoir et de criminalité organisée heurte l’institution. Malgré la gravité des faits, le parquet a opté pour un contrôle judiciaire à l’encontre du gendarme et de son complice, levant seulement l’interdiction d’exercer pour le militaire. Les juges ont estimé que, sans garanties quant à leur comportement futur, la détention provisoire n’était pas nécessaire. Les deux hommes devront néanmoins répondre devant la Chambre de l’instruction et, à terme, devant le tribunal correctionnel. Cette affaire met en lumière un paradoxe glaçant : celui d’un gardien de la loi qui, usant de son uniforme, a tiré un trait sur son propre dévouement pour pister un autre chemin, celui du trafic familial.