La chute de Sean Combs, alias P. Diddy, s’accélère à mesure que se rapproche un procès. Le producteur et rappeur américain, autrefois figure emblématique du hip-hop mondial, a plaidé non coupable lundi devant la justice fédérale à New York pour deux nouveaux chefs d’accusation liés à un réseau de trafic sexuel. Il est incarcéré depuis septembre 2024, et son procès doit débuter le 5 mai.
P.Diddy continue de nier les faits
Devant le juge Arun Subramanian, P. Diddy a rejeté les nouvelles accusations de trafic sexuel et de transport à des fins de prostitution concernant une femme désignée comme “Victime-2” dans l’acte d’accusation révélé début avril. Ces charges s’ajoutent à trois premières pour lesquelles il avait déjà plaidé non coupable en janvier, notamment viol, extorsion et trafic sexuel à grande échelle.
Le parquet accuse Sean Combs d’avoir utilisé son empire musical, y compris ses maisons de disques Bad Boy Records et ses soirées très médiatisées, pour attirer, exploiter et réduire à l’état de soumission des femmes jeunes, parfois mineures. L’alcool, les drogues et les menaces de violences physiques et psychologiques étaient, selon les témoignages, des outils systématiquement employés pour maintenir un contrôle total.
La défense, représentée par Me Marc Agnifilo, a annoncé lundi qu’elle pourrait demander un report de deux semaines du procès afin d’avoir le temps d’examiner de nouveaux éléments versés au dossier. Le juge a accordé un délai de 48 heures pour déposer une demande formelle.
Plus de 120 plaintes au civil
Depuis l’automne 2023, plus de 120 femmes et hommes ont déposé des plaintes au civil contre l’artiste, accusant Combs d’agressions sexuelles, de viols, de coercition et d’abus sur une période de plus de 25 ans. Ces témoignages dressent le portrait d’un homme double : superstar adulée en public, prédateur méthodique en privé.
Parmi les premières à avoir brisé le silence : la chanteuse Cassie Ventura, ex-compagne du producteur, qui avait déposé une plainte explosive en novembre 2023, l’accusant de viol, violences répétées et manipulation psychologique. L’affaire avait été close dans les jours suivants à l’issue d’un accord à l’amiable, mais elle avait ouvert la voie à une vague de révélations.
D’autres témoignages évoquent des “soirées de recrutement” dans des villas appartenant à Combs, où des jeunes femmes, souvent aspirantes artistes ou mannequins, auraient été droguées puis abusées. Des collaborateurs de longue date du producteur, dont d’anciens gardes du corps et assistants, font également l’objet d’investigations parallèles.
La violente chute d’une figure du rap
À 55 ans, P. Diddy, voit son empire s’effondrer. Ses partenariats commerciaux ont été suspendus ou rompus, et son étoile sur le Walk of Fame a récemment été vandalisée.
La justice américaine veut faire de ce procès un exemple dans la lutte contre l’exploitation sexuelle systémique, à l’instar de ceux qui ont visé R. Kelly ou Harvey Weinstein. Selon les procureurs, “ce procès vise à rendre justice aux nombreuses victimes qui n’ont pas été entendues pendant trop longtemps”.
Le procès s’ouvrira par la sélection du jury début mai, sauf nouveau report. Sean Combs, qui clame son innocence, risque la prison à perpétuité s’il est reconnu coupable.