Les plaidoiries de la défense ont débuté cette semaine au tribunal correctionnel de Marseille dans le très attendu procès des finances du « Petit Bar », considéré comme le clan mafieux le plus influent d’Ajaccio. Après trois jours de réquisitions, le parquet a requis des peines allant de 18 mois de prison avec sursis à 14 ans de réclusion, visant notamment le prétendu chef de la bande, Jacques Santoni, tétraplégique et absent à l’audience. La procureure Isabelle Candau a dénoncé un système structuré, fondé sur l’extorsion, le blanchiment et les complicités dans les sphères économiques.
Un réseau tentaculaire et une justice déterminée à frapper fort
Au cœur de l’accusation : un « club des cinq » composé de figures présumées de l’organisation, dont Mickaël Ettori (en fuite), Pascal Porri (seul détenu du procès) et le promoteur Antony Perrino. Le parquet a dressé le portrait d’un clan tentaculaire, étendu jusqu’à Courchevel et Aubervilliers, impliquant hommes d’affaires, commerçants, et proches des prévenus, tous accusés d’avoir servi à blanchir entre 30 et 48 millions d’euros. Des amendes atteignant jusqu’à 2 millions d’euros ont été requises, tout comme plusieurs mandats d’arrêt.
Les avocats de la défense ont désormais six jours pour tenter d’alléger ces peines. Ils dénoncent des réquisitions « en service commandé », un procès « politique » et une volonté du parquet de faire de certains prévenus des boucs émissaires. Le verdict est attendu le 28 mai, avec une motivation prévue pour le 8 juillet.