NEW YORK, 15 mai 2025 (AP) — Le procès de Sean « Diddy » Combs à Manhattan a pris une tournure à la fois tendue et intime ce jeudi, alors que son ex-compagne, la chanteuse R&B Cassie, poursuivait son témoignage sous un contre-interrogatoire incisif. Après deux jours de récits détaillés sur la vie tumultueuse qu’elle dit avoir vécue aux côtés de Combs, Cassie s’est vu demander de lire à haute voix des échanges de messages à caractère sexuel datant de leur relation.
Face à la cour, Cassie, enceinte de son troisième enfant, a continué à affirmer que les actes sexuels dont elle parle dans sa plainte n’étaient pas consensuels, en particulier ceux qu’elle a qualifiés de « freak-offs » — des soirées sexuelles orchestrées, selon elle, par Combs et impliquant des partenaires extérieurs. Les avocats de la défense cherchent à démontrer que ces rencontres relevaient d’un mode de vie échangiste consenti.
Durant le contre-interrogatoire mené par l’avocate Anna Estevao, Cassie a été invitée à relire des messages explicites envoyés à Combs, certains s’étalant sur plus de 20 pages. Bien qu’Estevao lui ait offert de les lire à sa place, Cassie a refusé, préférant affronter la situation. L’ambiance dans la salle d’audience a oscillé entre tension palpable et moments plus légers, comme lorsqu’un échange vieux de près de vingt ans a fait rire la chanteuse : « Ça me fait rire, c’est de 2007 », a-t-elle lancé, brisant brièvement la solennité du moment.
L’objectif de la défense est clair : présenter leur relation comme fondée sur l’amour et une sexualité partagée, en insistant sur des messages doux ou affectueux échangés entre les deux, y compris des déclarations d’amour et de tendresse. Mais d’autres messages, lus devant le jury, montrent une Cassie frustrée par le manque d’attention et les absences de Combs, affirmant qu’elle n’avait « pas besoin de [son] argent » mais « d’attention ».
Combs, 55 ans, a plaidé non coupable aux accusations de complot de racket, de trafic sexuel par la contrainte ou la fraude, et de transport à des fins de prostitution. Il assiste à son procès vêtu de vêtements civils autorisés, depuis la prison fédérale de Brooklyn où il est détenu.
L’affaire, déclenchée par une plainte civile de Cassie en 2023 — rapidement réglée — a été le point de départ d’une série d’accusations similaires et d’une enquête fédérale plus large. Tandis que le procès avance, la question centrale reste la suivante : jusqu’où allait le consentement dans cette relation inégale entre une jeune artiste en devenir et l’un des hommes les plus puissants de l’industrie musicale ?