Procès de Diddy : les jurés visionnent des vidéos explicites au cœur des accusations de trafic sexuel
Procès de Diddy : les jurés visionnent des vidéos explicites au cœur des accusations de trafic sexuel

Les jurés du procès très médiatisé de Sean « Diddy » Combs ont visionné lundi des extraits vidéo explicites présentés comme des preuves centrales des accusations de trafic sexuel visant le magnat du hip-hop. Les séquences, qualifiées par les procureurs de « freak-off » — des marathons sexuels sous l’emprise de drogues — ont été diffusées à huis clos à la cour fédérale de New York.

Les extraits proviennent de trois vidéos retrouvées sur un téléphone lié à Combs, et remises aux autorités par son ex-compagne de longue date, la chanteuse R&B Cassie, de son vrai nom Casandra Ventura. L’une des vidéos datait du 14 octobre 2012, jour où Combs aurait organisé une de ces séances avec Cassie et la travailleuse du sexe Sharay Hayes, surnommée « The Punisher », dans un hôtel Trump à Manhattan, réservé sous le pseudonyme « Frank Black ».

Avant la diffusion des images, les jurés ont vu des preuves logistiques : une facture d’hôtel mentionnant une arrivée à 3h du matin, ainsi que des messages texte entre Cassie et Hayes organisant la rencontre. L’un des messages évoquait un paiement en liquide de 200 dollars.

D’autres vidéos présentées aux jurés dataient du 20 octobre 2012 et du 4 décembre 2014. Les enregistrements, réservés à l’audition exclusive du jury, des avocats et de l’accusé à l’aide de casques audio, n’ont pas été rendus publics en raison de leur caractère graphique. Malgré la nature choquante des images, les réactions des jurés sont restées contenues, bien qu’au moins un juré ait visiblement grimacé pendant une séquence.

Les avocats de la défense soutiennent que ces vidéos prouvent que Combs participait à des relations sexuelles consensuelles, et non à des activités criminelles. Jusqu’ici, seuls des clichés issus de ces vidéos avaient été présentés. Un expert vidéo du gouvernement avait auparavant authentifié les séquences en fonction de leur date.

Combs, 55 ans, a plaidé non coupable des accusations de trafic sexuel et de complot en vue de racket. Depuis son arrestation en septembre dernier dans un hôtel de New York, il est détenu sans possibilité de libération sous caution dans un centre fédéral de Brooklyn.

Le même jour, d’autres éléments ont été portés à l’attention des jurés, notamment des messages d’une ex-compagne identifiée sous le pseudonyme « Jane ». Celle-ci accusait Combs de l’avoir exploitée sexuellement et d’avoir menacé de diffuser des vidéos compromettantes à destination du père de son enfant. Dans un message à la cheffe de cabinet de Combs, Kristina Khorram, Jane affirmait que le producteur traversait un de ses épisodes « psychotiques bipolaires ».

Avant la reprise des audiences, le juge Arun Subramanian a exclu un juré en raison d’incohérences dans ses déclarations sur son lieu de résidence. Ce juré, un homme noir, avait suscité les inquiétudes du tribunal quant à sa sincérité, ce qui a conduit à son remplacement par un homme blanc. Le juge a justifié sa décision en affirmant qu’un nouvel interrogatoire n’aurait fait qu’accroître la confusion, et qu’il ne pouvait plus accorder de crédibilité au juré concerné.

Les procureurs prévoient de conclure leur présentation des preuves mercredi, après plus de six semaines de témoignages. La défense commencera ensuite à appeler ses propres témoins. Le procès se poursuit dans un climat tendu, où les révélations choquantes s’accumulent autour d’un artiste autrefois adulé, aujourd’hui confronté à des accusations parmi les plus graves de sa carrière.

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