Clark Olofsson, l’un des criminels les plus célèbres de Suède et figure à l’origine du célèbre « syndrome de Stockholm », est décédé à l’âge de 78 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué relayé ce jeudi 20 juin 2025 par les médias suédois.
Il est mort dans un hôpital de la région de Skåne, dans le sud du pays, des suites d’une longue maladie, selon les informations confirmées par l’avocat de la famille au journal Aftonbladet. Sa disparition marque la fin d’un chapitre marquant de l’histoire criminelle européenne des années 1970.
Un braquage devenu un concept psychologique mondial
Clark Olofsson est principalement connu pour son rôle dans la prise d’otages de la Kreditbanken de Stockholm, survenue en août 1973. Ce braquage, mené par Jan-Erik Olsson, un autre criminel suédois, s’était transformé en une séquestration de six jours dans une agence bancaire de Norrmalmstorg, au cours de laquelle quatre employés furent retenus dans la salle des coffres.
Clark Olofsson, alors déjà incarcéré, avait été amené sur place à la demande du preneur d’otages, dans une tentative des autorités pour apaiser la situation. Ce fut un échec sur le plan tactique, mais le comportement inattendu des otages allait fasciner les psychologues et médias.
Au fil des négociations, les otages développèrent de l’empathie et une forme de solidarité avec leurs ravisseurs, allant jusqu’à refuser de témoigner contre eux après leur libération. Ce phénomène a conduit le criminologue et psychiatre Nils Bejerot, conseiller de la police pendant la crise, à introduire l’expression « syndrome de Stockholm », popularisée ensuite dans la littérature psychologique.
Un parcours criminel qui avait même inspiré Netflix
Déjà condamné dans les années 1960 pour violences et cambriolages, Clark Olofsson avait acquis une notoriété publique en Suède, où il était souvent qualifié par la presse de « gangster charismatique ». Il a été reconnu coupable de nombreux délits : braquages, évasions, trafic de drogue à grande échelle, notamment en Belgique et en Allemagne. Au total, il a passé plus de 30 ans derrière les barreaux.
Son histoire avait inspiré de nombreux documentaires et récits journalistiques, culminant avec la série Clark, produite par Netflix et réalisée par Jonas Åkerlund, sortie en mai 2022. L’acteur Bill Skarsgård y incarne Olofsson, dans une version librement romancée de sa vie.
Dans une interview à Svenska Dagbladet en 2008, Olofsson avait reconnu ses crimes, tout en affirmant avoir été instrumentalisé par les médias et la justice suédoise : « J’étais un voyou, mais aussi un bouc émissaire. Ce que les gens savent de moi, c’est surtout une image construite. »