Mort de Bun Hay Mean, la piste accidentelle se précise: un portable et un manche à balai retrouvés dans une gouttière
Mort de Bun Hay Mean, la piste accidentelle se précise: un portable et un manche à balai retrouvés dans une gouttière

Une semaine après la disparition tragique de l’humoriste Bun Hay Mean, les enquêteurs privilégient la thèse d’un accident domestique. L’artiste, révélé au grand public grâce au Jamel Comedy Club, est décédé à Paris le 10 juillet, à la suite d’une chute depuis le huitième étage de son immeuble.

Le corps sans vie du comédien a été découvert jeudi 10 juillet 2025 au petit matin sur le boulevard des Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris. Bun Hay Mean, 43 ans, occupait depuis quelques mois un appartement situé au 8e étage d’un immeuble résidentiel, logement mis à sa disposition par sa production dans le cadre de ses engagements professionnels.

Aucun élément ne suggère un geste volontaire

Selon des sources proches de l’enquête citées par Le Parisien, aucun message d’adieu ni document susceptible d’indiquer une volonté suicidaire n’ont été retrouvés dans le logement. L’appartement était en ordre, sa valise était prête, et l’humoriste devait prendre un vol pour Montréal le jour même. Il était programmé pour jouer son spectacle Kill Bun à l’Olympia de Montréal, salle mythique de plus de 2 000 places.

Les premiers éléments de l’enquête semblent confirmer un accident malheureux. Un téléphone portable, appartenant à l’humoriste, a été retrouvé dans une gouttière en contrebas du balconnet de son appartement, endroit où il avait pris l’habitude de fumer. À proximité, les policiers ont également découvert un long manche à balai, ce qui accrédite l’hypothèse d’une tentative hasardeuse de récupérer son téléphone, qui aurait pu lui échapper alors qu’il se trouvait sur le balcon.

Des précédents troubles psychiques mis hors de cause

En 2024, Bun Hay Mean avait traversé une période de troubles psychiques. Alors en tournée à La Réunion durant l’été, il avait été brièvement hospitalisé en psychiatrie après avoir présenté des comportements instables. Un diagnostic de bipolarité avait été posé à l’époque. Depuis, selon son entourage, il suivait un traitement adapté et avait repris progressivement ses activités artistiques. Il avait ainsi retrouvé la scène au printemps 2025, enchaînant plusieurs représentations à l’Apollo Théâtre à Paris, dont la dernière date remonte au 28 juin.

Interrogé par France Inter, son producteur Philippe Delmas a indiqué que l’artiste « allait mieux » et qu’il était « très motivé par son retour sur scène ». Le retour au travail semblait être pour lui une manière de tourner la page.

Aucune trace de substances ni d’alcool

L’autopsie pratiquée dans les jours suivant le drame n’a révélé aucun signe de violence ou d’intoxication. Aucun flacon de médicaments n’a été retrouvé hors de sa prescription, et aucune bouteille d’alcool n’était présente dans l’appartement. En conséquence, les autorités n’ont pas jugé nécessaire de procéder à des analyses toxicologiques plus poussées. Le parquet de Paris a rapidement autorisé la restitution du corps à la famille.

La famille de Bun Hay Mean a exprimé le souhait de célébrer les obsèques dans la plus stricte intimité. Philippe Delmas, son producteur et ami, a évoqué un « profond chagrin », ajoutant que « Bun était une âme brillante, extrêmement généreuse avec son public et ses collègues ».

Sa disparition a provoqué une vague d’émotion dans la sphère artistique française. Des hommages sincères ont afflué sur les réseaux sociaux. Jamel Debbouze, qui l’avait accueilli dans sa troupe, a salué « un frère de scène, un artiste à part entière ». Le comédien et réalisateur Guillaume Canet, qui avait dirigé Bun Hay Mean dans Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu (sorti en février 2023), a exprimé son « immense tristesse ». D’autres personnalités comme Manu Payet, Booder, Hakim Jemili, Oxmo Puccino, Blanche Gardin ou encore Éric Judor ont également partagé leur émotion et leurs souvenirs.

Bun Hay Mean, surnommé aussi « Chinois Marrant », s’était imposé comme une figure à part du stand-up français, mêlant humour acide, autodérision et prise de parole sur les stéréotypes. D’origine sino-cambodgienne, il avait su transformer son vécu en force comique. Une force disparue bien trop tôt…

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