LOS ANGELES — Après près de trois décennies derrière les barreaux, Erik et Lyle Menendez, condamnés en 1996 à la prison à perpétuité sans possibilité de libération pour le meurtre de leurs parents à Beverly Hills, verront leur sort réexaminé la semaine prochaine, lors d’audiences cruciales qui pourraient ouvrir la voie à leur remise en liberté.
Le juge Michael Jesic de la Cour supérieure du comté de Los Angeles a fixé les audiences aux 13 et 14 mai. La question centrale sera de déterminer si les deux frères ont été véritablement réhabilités durant leurs 30 années de détention. Leurs avocats affirment que oui, évoquant leur engagement dans des programmes éducatifs, des groupes de soutien et des actions communautaires en prison. Plusieurs membres de leur famille, y compris des cousins, devraient témoigner en leur faveur.
Les deux frères, âgés de 18 et 21 ans au moment des faits, avaient abattu leurs parents, Jose et Kitty Menendez, en 1989. La défense a toujours soutenu qu’ils agissaient en état de légitime défense après des années d’abus sexuels, tandis que l’accusation parlait d’un double meurtre motivé par l’héritage familial.
La procédure de réexamen avait été lancée en octobre dernier par l’ancien procureur George Gascón, dans un contexte de reconnaissance accrue des impacts du traumatisme sexuel. Il avait recommandé une peine de 50 ans avec possibilité de libération. Mais son successeur, Nathan Hochman, a fermement rejeté cette approche, affirmant que les frères n’avaient pas assumé la pleine responsabilité de leurs actes et qu’ils avaient violé des règles en prison, notamment en introduisant des téléphones portables.
Le juge Jesic a toutefois minimisé ces infractions, estimant qu’elles ne représentaient rien de nouveau dans le contexte de leur détention de longue durée. « Je ne vois rien de nouveau », a-t-il déclaré, en notant qu’Erik Menendez avait déjà eu accès à des téléphones à plusieurs reprises.
Le risque de récidive reste au cœur du débat. Une évaluation psychologique préliminaire, citée mais non publiée, évoque une « probabilité modérée » de comportement violent en liberté. Mais pour l’avocat de la défense Mark Geragos, ces éléments ne suffisent pas à justifier un refus de réexamen et ne doivent pas être sortis de leur contexte.
Parallèlement aux audiences judiciaires, une évaluation complète de la commission des libérations conditionnelles, commandée par le gouverneur Gavin Newsom, est en cours. Le 13 juin, une audience finale pourrait influencer la décision du gouverneur quant à une éventuelle grâce.
Si le juge accepte une nouvelle sentence la semaine prochaine, les frères Menendez deviendraient immédiatement éligibles à la libération conditionnelle, renvoyant la décision finale à la commission d’État.