Le témoignage d'une ex-assistante fragilisé par ses éloges passés envers Diddy, selon la défense
Le témoignage d'une ex-assistante fragilisé par ses éloges passés envers Diddy, selon la défense

NEW YORK — Lors du procès fédéral pour trafic sexuel visant Sean « Diddy » Combs, les avocats du célèbre producteur ont tenté vendredi de discréditer le témoignage accablant de son ancienne assistante en mettant en lumière des publications élogieuses qu’elle a faites à son sujet sur les réseaux sociaux, bien après les agressions présumées.

L’ancienne collaboratrice, identifiée sous le pseudonyme « Mia », a reconnu devant le jury avoir publié des messages qualifiant Combs de « mentor », de « frère » et d’« ami pour la vie ». Ces publications, souvent accompagnées de photos personnelles et de déclarations chaleureuses, contrediraient, selon la défense, ses accusations de viol et de climat professionnel toxique. L’un des messages particulièrement mis en avant date de 2013, où elle célébrait l’anniversaire de Combs avec humour et affection, le remerciant de lui avoir « permis de donner naissance à ses rêves ».

Interrogée sur ce décalage apparent, Mia a expliqué que ses publications n’étaient qu’une façade : « Instagram servait à montrer que tout allait bien, même si ce n’était pas le cas ». Elle a maintenu que Combs l’avait agressée sexuellement pour la première fois en 2009, et à plusieurs reprises par la suite, au point d’installer un climat de peur et d’impuissance dans leur relation professionnelle.

L’ex-assistante a également raconté avoir souffert de stress post-traumatique si intense qu’elle n’a plus pu travailler depuis son départ en 2017. Le simple fait de recevoir un appel téléphonique de Combs en 2023 l’aurait terrifiée, a-t-elle déclaré, en particulier après la plainte déposée par l’ex-compagne du chanteur, Cassie, pour agression sexuelle et violences. Combs avait réglé cette affaire en versant 20 millions de dollars.

Mia a expliqué qu’elle avait perçu un peu plus de 200 000 dollars d’un règlement amiable portant sur des primes impayées, sans jamais mentionner à ses avocats les agressions sexuelles à l’époque. Elle affirme également avoir été contactée par un ancien garde du corps de Combs peu après le dépôt de la plainte de Cassie, ce qu’elle a interprété comme une tentative d’intimidation indirecte.

Sean Combs, 55 ans, est accusé de trafic sexuel et de complot de racket. Il plaide non coupable et encourt une peine de prison à vie s’il est reconnu coupable. Le procès, qui se tient à Manhattan, doit encore entendre une autre victime présumée. Selon les procureurs, Combs aurait cherché à influencer les témoins et à empêcher leur coopération, ce qui justifie son incarcération provisoire depuis septembre 2024.

La défense, en confrontant Mia à ses propres mots publiés, cherche à saper sa crédibilité et à montrer un contraste entre son comportement passé et ses déclarations actuelles. Toutefois, l’accusation insiste sur le fait que ces publications ne prouvent en rien l’absence d’agression, et que la peur et les mécanismes de survie psychologique expliquent ces contradictions apparentes.

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