LONDRES – Quelques jours après une défaite juridique retentissante contre le gouvernement britannique au sujet de sa sécurité personnelle, le prince Harry est de retour devant la Haute Cour de Londres, déterminé à faire valoir ses droits face à l’éditeur du Daily Mail. Avec six autres personnalités, dont le chanteur Elton John, il accuse Associated Newspapers Limited (ANL) d’avoir orchestré pendant trois décennies des atteintes massives à la vie privée.
Selon les plaignants, les journalistes des titres du groupe ANL – qui édite le Daily Mail, Mail on Sunday et MailOnline – auraient eu recours à des pratiques illégales telles que l’écoute illégale de conversations téléphoniques, l’intrusion dans les domiciles, la collecte frauduleuse de données médicales et d’autres méthodes illicites pour obtenir des informations. Des accusations que le groupe de presse a qualifiées d’« absurdes » et infondées.
L’audience de deux jours qui a débuté ce mardi vise à définir les modalités de divulgation de documents avant un procès complet prévu pour l’an prochain. L’avocat des plaignants, David Sherborne, a affirmé que les éléments fournis jusqu’ici démontrent une « utilisation généralisée de la collecte illégale d’informations », mais que la portée de la divulgation reste encore trop partielle pour mesurer l’étendue des délits présumés.
L’affaire intervient alors que le prince Harry sort à peine d’un revers judiciaire majeur : vendredi dernier, il a perdu un recours contre le retrait de sa protection policière automatique lorsqu’il se trouve au Royaume-Uni. Vivant en Californie avec son épouse Meghan et leurs enfants, Harry s’est dit « dévasté » par cette décision. Dans une interview télévisée, il a confié que son père, le roi Charles III, ne lui parlait plus en raison des tensions liées à sa sécurité, tout en exprimant son inquiétude face à la santé du souverain, atteint d’un cancer.
Le prince a réaffirmé son ressentiment à l’égard de l’institution royale, qu’il accuse d’avoir « incité à la haine » envers lui, sa femme et leurs enfants, tout en rappelant le traitement subi par sa mère, la princesse Diana. Malgré l’ampleur des tensions, Buckingham Palace a choisi de ne pas commenter l’affaire, indiquant simplement que les décisions relatives à la sécurité avaient été examinées rigoureusement.
Harry, qui a quitté ses fonctions royales en 2020, a depuis multiplié les procédures contre la presse britannique. Il a notamment remporté un procès contre Mirror Group Newspapers et réglé un différend avec le groupe de Rupert Murdoch pour atteintes à la vie privée. Le combat contre ANL s’annonce toutefois comme l’un des plus symboliques, visant le cœur du système médiatique britannique.