L’Australie a refermé ce lundi l’un de ses procès les plus médiatisés. Erin Patterson, 50 ans, a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir empoisonné quatre membres de sa belle-famille en juillet 2023 avec des champignons mortels dissimulés dans un bœuf Wellington. Trois de ses convives sont morts, tandis qu’un quatrième, le pasteur Ian Wilkinson, a miraculeusement survécu après plusieurs semaines d’hospitalisation.
Le juge Christopher Beale, de la Cour suprême de Victoria, a estimé que l’accusée avait commis « une trahison de confiance d’une ampleur inqualifiable ». Patterson, qui purge sa peine depuis novembre 2023, ne pourra pas demander de libération conditionnelle avant 2056, lorsqu’elle aura 82 ans. « Vous seul savez pourquoi vous avez commis ces crimes », a lancé le magistrat, soulignant que ses propres enfants ont été privés de leurs grands-parents bienveillants.
Un repas meurtrier et une mise en scène glaçante
Le tribunal a retenu que Patterson avait prémédité l’empoisonnement : elle avait servi ses invités dans des assiettes distinctes des siennes, preuve qu’elle entendait éviter toute ingestion accidentelle. Elle avait même inventé un diagnostic de cancer pour convaincre son mari séparé de participer au repas, ce qu’il avait finalement refusé. L’accusation a également rappelé que l’antidote spécifique à l’intoxication par les amanites phalloïdes n’avait jamais été administré aux victimes, aggravant leur agonie.
Malgré sa défense, qui plaidait un « accident » lié à l’utilisation de champignons cueillis par erreur, les jurés ont retenu une intention homicide claire.
Une affaire qui a bouleversé l’opinion
La tragédie avait secoué l’État de Victoria et bien au-delà. L’affaire a été abondamment couverte par les médias, au point que la condamnation a été retransmise en direct à la télévision, une première en Australie. La sévérité de la peine reflète non seulement l’horreur du crime, mais aussi son retentissement national et international.
Patterson, désormais classée prisonnière « notoire », vit dans l’isolement le plus strict par crainte de représailles. Elle passe jusqu’à 22 heures par jour seule dans sa cellule, un traitement que le juge a reconnu comme particulièrement éprouvant mais inévitable, compte tenu de la haine suscitée par ses actes.
Cette affaire, qui a déjà inspiré des livres et des projets de séries documentaires, restera sans doute longtemps dans les mémoires comme l’un des crimes domestiques les plus sordides de l’histoire australienne.