Le tribunal correctionnel a rendu son verdict dans la nuit et a condamné Jessica Mazoudama à trois ans de prison, dont 18 mois ferme, avec mandat de dépôt. La prévenue a été immédiatement incarcérée à l’issue du prononcé de la peine, les policiers venant lui passer les menottes directement dans la salle d’audience avant de la conduire en détention.
Âgée de 43 ans, Jessica Mazoudama comparaissait pour des faits de chantage et pour avoir faussement affirmé que l’animateur de radio et de télévision Cauet avait tenté de la violer.
Des accusations jugées incohérentes par l’accusation
Au cours de l’audience, il est apparu que la prévenue avait adressé des dizaines de messages à l’animateur, messages qu’elle a pourtant niés, malgré les éléments matériels versés au dossier. Selon l’accusation, elle a ensuite exigé la somme de 30 000 euros en échange de la promesse de ne pas déposer plainte et de ne pas transmettre à l’animateur Cyril Hanouna des photos et des vidéos présentées comme des preuves de viols.
Le procureur a longuement insisté sur les contradictions du récit. « Le procureur souligne longuement toutes les incohérences du récit », rapportent les journalistes du Parisien présents à l’audience, précisant que le terme « mythomane » est celui qui est revenu le plus fréquemment dans la bouche des magistrats au cours des débats.
Un lourd passé judiciaire
Le profil de Jessica Mazoudama a également pesé dans la décision du tribunal. Mère de six enfants et grand-mère, cette consultante diplômée d’un master en business management affiche un casier judiciaire déjà très chargé. Elle compte une douzaine de condamnations prononcées dans différentes juridictions françaises pour des faits d’escroquerie.
Elle a notamment déjà connu la prison en 2016, en particulier pour des vols de chéquiers et des faits de conduite sans permis. Face aux juges, elle a tenté d’expliquer son parcours en invoquant ses difficultés personnelles. « J’étais seule avec 6 enfants. J’ai été attirée par l’argent facile », a-t-elle reconnu à la barre, selon les comptes rendus d’audience.
Une décision ferme du tribunal
Ces explications n’ont pas convaincu le tribunal correctionnel. Peu avant minuit, les magistrats ont prononcé la peine de trois ans d’emprisonnement, dont 18 mois ferme avec mandat de dépôt, marquant la volonté de sanctionner sévèrement les faits reprochés.
Le Parisien rapporte enfin les mots particulièrement durs prononcés par le président du tribunal au moment du délibéré : « Ce chantage est un coup de couteau au mouvement qui pousse les femmes à témoigner d’infraction sexuelle. La personne qui a sali le mouvement #MeeToo c’est vous. »