À Los Angeles, l’acteur et humoriste Jamie Foxx a surpris l’audience d’un événement Netflix en prenant à partie le producteur de musique Sean Combs, alias P. Diddy, actuellement mis en cause dans plusieurs affaires graves de trafic sexuel et d’organisation criminelle.
Alors que Jamie Foxx faisait son grand retour sur scène après de récents soucis de santé, c’est un ton bien plus grave qu’il a adopté en évoquant les multiples accusations pesant sur P. Diddy. Invité à un événement Netflix à Los Angeles, l’acteur oscarisé s’est emparé du micro, déclenchant une vague de réactions dans la salle. « C’est fou, hein. Je sais pas s’il va aller en prison, mais c’est un sale enfoiré ! » a-t-il lancé devant un public partagé entre rire et gêne…
Une charge émotionnelle liée à la communauté noire
Jamie Foxx n’a pas seulement exprimé sa colère contre P. Diddy en raison des accusations en cours, mais aussi pour ce que cela représente symboliquement : « Pour les Blancs, c’est juste un autre producteur qui tombe. Mais pour les Noirs, c’était notre héros. Diddy, c’était ‘It’s All About the Benjamins’, c’était notre culture. Maintenant… c’est tout à propos d’huile pour bébé », a-t-il ironisé, en référence aux milliers de flacons d’huile retrouvés par le FBI lors des perquisitions au domicile du producteur.
Selon des documents judiciaires, ces perquisitions ont eu lieu en mars dernier dans ses résidences de Los Angeles et Miami, dans le cadre d’une enquête fédérale pour trafic sexuel, blanchiment d’argent et organisation criminelle.
Le procès d’une icône déchue
P. Diddy, de son vrai nom Sean Combs, 55 ans, est poursuivi depuis mai 2024 devant le tribunal fédéral de Manhattan. Il fait face à une cascade de plaintes, notamment de la part de son ex-compagne, la chanteuse Cassie Ventura, qui l’accuse d’avoir orchestré des « réseaux de coercition sexuelle » depuis 2004. Cassie avait déjà intenté un procès civil en 2023, soldé par un accord amiable à sept chiffres selon NBC News.
L’affaire actuelle s’est alourdie avec d’autres témoignages concordants, accusant Combs d’avoir forcé des femmes à des rapports sexuels sous emprise ou à filmer des actes pour son plaisir. Des éléments d’enquête évoquent également des faits de violences physiques, de séquestration et même de corruption d’agents fédéraux.
« White Parties » et ambiance douteuse : Foxx déjà critique
Ce n’est pas la première fois que Jamie Foxx critique P. Diddy sur scène. Début 2024, dans son one-man-show What Had Happened Was…, il revenait sur les fameuses « White Parties », ces fêtes extravagantes en tenue blanche organisées par le rappeur dans les Hamptons et à Saint-Tropez. « Je partais toujours tôt. À 21h j’étais déjà dehors. Trop de trucs glissants. Littéralement », plaisantait-il, en faisant allusion aux témoignages de participants décrivant une ambiance sexualisée et délétère, désormais au cœur des enquêtes.
Ces soirées ont souvent été entourées de rumeurs : drogues, coercition, pratiques dégradantes. Des ex-employés, auraient même décrit « une culture du silence et de l’intimidation » régnant autour du producteur.
Une industrie sous le choc
Dans la foulée des révélations, de nombreux artistes ont pris leurs distances avec Sean Combs. Kid Cudi a affirmé que sa voiture avait été incendiée devant son domicile après un différend avec le producteur, alimentant la thèse d’un climat d’intimidation entretenu par Diddy, comme le rapporte Billboard.
Quant à Jamie Foxx, sa sortie publique prend une résonance particulière. Figure influente du divertissement afro-américain, il donne de la voix à une génération désabusée par la chute de l’un de ses plus grands symboles culturels.
« On nous enlève encore un modèle. Et celui-là, c’était pas un petit poisson », a conclu l’acteur, sous les applaudissements.