Harvey Weinstein sort du silence depuis sa cellule : une première interview choquante dans laquelle il attaque Gwyneth Paltrow
Harvey Weinstein sort du silence depuis sa cellule : une première interview choquante dans laquelle il attaque Gwyneth Paltrow

Depuis les murs de sa prison, Harvey Weinstein s’est exprimé pour la première fois face caméra, dans une interview diffusée sur la chaîne de la commentatrice conservatrice Candace Owens. À 73 ans, l’ancien magnat de Hollywood, reconnu coupable de multiples agressions sexuelles, tente de réécrire son histoire. Au fil de cette entrevue controversée, il clame son innocence, s’attaque frontalement à plusieurs de ses accusatrices, dont Gwyneth Paltrow, et évoque son passé de mari infidèle avec des accents de confession.

« Je n’ai pas commis ces crimes »

Dans cet entretien inédit, Weinstein s’exprime avec un mélange de déni, de culpabilité sélective et de ressentiment. « J’ai blessé ma famille. J’ai trompé ma femme. Et c’était une erreur, vous savez, une terrible erreur », déclare-t-il dans un extrait diffusé en avant-première. « Mais je n’ai pas commis ces crimes. Je le jure devant Dieu, devant ceux qui me regardent aujourd’hui et devant ma famille. »

Il affirme que son comportement adultère était lié à la pression de son travail : « La pression de ce travail était mon excuse pour tromper. Je n’étais pas un bon patron. J’avais un tempérament colérique. »

Mais ce sont ses attaques contre certaines de ses accusatrices les plus connues qui suscitent déjà une vive polémique.

Une attaque ciblée contre Gwyneth Paltrow

Harvey Weinstein s’en prend notamment à l’actrice Gwyneth Paltrow, l’une des premières figures publiques à avoir dénoncé ses agissements. Elle avait raconté, notamment au New York Times en 2017, que Weinstein l’avait harcelée au début de sa carrière, alors qu’elle n’avait que 22 ans, sur le tournage du film Emma. Il aurait tenté de l’attirer dans sa chambre d’hôtel pour un massage et aurait posé ses mains sur elle.

Weinstein nie ces accusations en bloc : « Je ne l’ai jamais touchée », martèle-t-il, tout en admettant lui avoir fait des avances. Il minimise les faits en qualifiant leur relation de « relation amicale » et accuse Paltrow d’avoir « inventé une histoire abusive ».

Des propos qui ont aussitôt suscité l’indignation sur les réseaux sociaux. L’avocate Gloria Allred, qui a représenté plusieurs plaignantes dans les affaires Weinstein, a réagi en dénonçant « une tentative pathétique de réhabiliter une image définitivement ternie par les preuves et les témoignages accablants ».

Rose McGowan et les accords financiers

Weinstein évoque aussi l’actrice Rose McGowan, qui l’a accusé d’agression sexuelle au festival de Sundance en 1997. Elle avait révélé au New York Times avoir signé un accord de confidentialité après avoir reçu 100.000 dollars. Weinstein confirme ce versement, mais affirme qu’il ne s’agissait pas d’un aveu de culpabilité : « Je lui ai donné 100.000 dollars pour qu’elle ne le dise pas à ma femme. C’était pour éviter un scandale conjugal, pas une reconnaissance de viol. »

Quant à Ashley Judd, autre figure du mouvement #MeToo, il balaie ses accusations d’un revers de main, les qualifiant de « ridicules ».

Un entretien dans un contexte judiciaire brûlant

Cette interview est diffusée alors que Weinstein est actuellement rejugé à New York. En avril 2024, la cour d’appel de l’État de New York avait annulé sa condamnation de 2020 à 23 ans de prison pour vice de procédure, ouvrant la voie à un nouveau procès.

Ce nouveau procès porte sur deux accusations majeures : l’agression sexuelle de l’ex-assistante de production Miriam Haley en 2006 et le viol présumé de l’actrice Jessica Mann en 2013. Le 8 mai dernier, une nouvelle voix s’est ajoutée à la procédure : Kaja Sokola, une ancienne mannequin polonaise, a témoigné sous serment que Weinstein l’aurait agressée sexuellement à plusieurs reprises alors qu’elle n’avait que 16 ans.

Parallèlement, il purge déjà une peine de 16 ans prononcée en Californie en 2022 pour le viol et l’agression sexuelle d’une autre femme, connue sous le nom de « Jane Doe 1 ».

Une stratégie médiatique calculée ?

Cette première interview filmée de Weinstein, soigneusement orchestrée par Candace Owens, connue pour ses positions anti-#MeToo, s’inscrit dans une stratégie de réhabilitation publique. Mais face aux faits, aux multiples condamnations et aux dizaines de témoignages de femmes, cette sortie médiatique est largement perçue comme une manœuvre désespérée.

Alors que son nouveau procès suit son cours, cette interview risque de jouer contre lui. Comme l’a souligné un analyste juridique interrogé par CNN, « chaque mot prononcé par Weinstein devant une caméra peut désormais être utilisé contre lui dans la salle d’audience. »

Le poids de #MeToo toujours présent

Huit ans après l’explosion du scandale Weinstein, l’impact de l’affaire continue de se faire sentir dans l’industrie du divertissement et au-delà. Le mouvement #MeToo a bouleversé les équilibres de pouvoir, provoqué des remises en question massives et ouvert la voie à une parole libérée.

Mais à entendre Harvey Weinstein aujourd’hui, il est clair que l’homme n’a toujours pas pris la mesure des conséquences de ses actes. Et pour de nombreuses victimes et militantes, cette interview ne fait que raviver la douleur…

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