Harvey Weinstein : la défense s'attaque à la crédibilité d’une ex-mannequin qui l’accuse d’agressions sexuelles
Harvey Weinstein : la défense s'attaque à la crédibilité d’une ex-mannequin qui l’accuse d’agressions sexuelles

NEW YORK — Les avocats d’Harvey Weinstein ont tenté vendredi d’ébranler la crédibilité de Kaja Sokola, une ancienne mannequin polonaise qui accuse l’ex-magnat d’Hollywood de l’avoir agressée sexuellement alors qu’elle était adolescente. Lors de l’interrogatoire au deuxième jour de son témoignage au procès en appel de Weinstein, la défense a mis en lumière le fait que Sokola n’avait pas mentionné l’une des agressions présumées — celle de 2006 — dans ses propres poursuites judiciaires passées.

Weinstein est actuellement rejugé pour crimes sexuels à New York, après que sa condamnation historique de 2020 dans le cadre du mouvement #MeToo a été annulée par une cour d’appel, qui a estimé que le procès avait été entaché par des témoignages préjudiciables. Dans ce nouveau procès, il est accusé d’avoir imposé une fellation à Sokola dans une chambre d’hôtel en 2006, une accusation qu’il rejette catégoriquement.

Sokola avait auparavant poursuivi Weinstein en justice pour une autre agression présumée datant de 2002, lorsqu’elle avait 16 ans, mais qui ne pouvait faire l’objet de poursuites pénales en raison de la prescription. Cette plainte, ainsi que celle liée à la faillite de la Weinstein Company, lui avait permis d’obtenir environ 3,5 millions de dollars. La défense a insinué que l’ajout tardif de l’accusation de 2006 visait un gain financier, une allégation que Sokola a vigoureusement niée. « Je travaillais à deux emplois, je gagnais plus que mon mari », a-t-elle affirmé, réfutant l’idée qu’elle cherchait une indépendance financière via ces accusations.

Âgée aujourd’hui de 39 ans et devenue psychothérapeute, Sokola est la deuxième des trois plaignantes à témoigner dans ce nouveau procès. Elle a raconté que Weinstein, qu’elle avait rencontré en 2002 à New York alors qu’elle poursuivait une carrière de mannequin, avait profité de son ambition d’actrice pour la soumettre à des avances sexuelles non désirées dès leur première rencontre.

Elle a déclaré aux jurés que quatre ans plus tard, Weinstein l’avait attirée dans une chambre d’hôtel en prétendant vouloir lui faire lire un scénario, avant de l’agresser sexuellement. Lors de son témoignage, elle a admis ne pas avoir initialement parlé de cet épisode de 2006, expliquant : « Ce qui m’est arrivé à 16 ans, je pouvais en partie me le pardonner. Mais ce qui s’est passé en 2006 a été très difficile à affronter. »

L’avocat de Weinstein, Mike Cibella, a relevé des incohérences dans ses déclarations entre le témoignage actuel et celui donné au grand jury, notamment sur le mois exact des faits allégués de 2002. Il a aussi évoqué les démarches juridiques de Sokola pour obtenir un statut de résidence permanente aux États-Unis, suggérant que sa participation au procès pourrait jouer en sa faveur.

Harvey Weinstein, 72 ans, nie toutes les accusations d’agressions sexuelles portées contre lui. Il purge déjà une peine de 16 ans de prison en Californie pour un autre dossier. Si reconnu coupable dans cette nouvelle affaire à New York, il risque plusieurs décennies supplémentaires derrière les barreaux.

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