La cour d’appel de Paris a relaxé ce jeudi deux femmes accusées d’avoir diffusé une rumeur disant que Brigitte Macron serait en réalité un homme. L’affaire remonte à 2021, lorsque Natacha Rey, présentée comme journaliste indépendante, et Amandine Roy, hypnothérapeute, ont relayé dans une longue vidéo sur YouTube une théorie selon laquelle Brigitte Macron serait en réalité un homme, voire son propre frère Jean-Michel Trogneux.
Une première condamnation en justice
En septembre 2023, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné les deux femmes pour diffamation publique. Elles avaient écopé chacune d’une amende de 500 euros avec sursis et avaient été condamnées à verser 8 000 euros de dommages-intérêts à Brigitte Macron et 5 000 euros à son frère. La justice avait alors considéré que les propos tenus portaient atteinte à l’honneur et à la réputation de la première dame et de son frère, en véhiculant une fausse information.
La décision de la cour d’appel
La cour d’appel de Paris a toutefois prononcé leur relaxe. Sur les 18 séquences de la vidéo examinées, seul un passage a été jugé relever de la loi sur la presse. Mais la cour a considéré que les propos de Natacha Rey, bien que graves, ne pouvaient pas être condamnés pénalement en l’absence d’intention malveillante clairement démontrée. La cour a estimé que les prévenues pouvaient bénéficier de la bonne foi, notamment parce qu’elles pensaient, selon leurs dires, diffuser des faits présentés comme vrais.
Des réactions contrastées
L’avocat de Brigitte Macron, Me Jean Ennochi, a exprimé son incompréhension face à cette décision, qu’il juge préoccupante pour la lutte contre la désinformation. Il a annoncé que la première dame étudiait les voies de recours possibles, laissant entendre qu’un pourvoi en cassation n’était pas exclu. À l’inverse, Me François Danglehant, avocat de Natacha Rey, a salué une décision « courageuse » de la cour, considérant que sa cliente avait été injustement poursuivie pour avoir soulevé des « questions d’intérêt public ».