L’enquête ouverte après l’envoi de trois colis piégés depuis la Dordogne a rapidement trouvé son dénouement. Le principal suspect, un homme de 51 ans originaire de Clermont-Ferrand, a reconnu jeudi avoir expédié les paquets adressés à Manuel Bompard, Estelle Denis et Élodie Poux. Interpellé la veille et placé en garde à vue à Périgueux, il aurait expliqué son geste sans chercher à le nier.
Une virée tragiquement inspirée
L’homme, sans emploi et inconnu des services de renseignement, n’avait aucun lien avec la Dordogne. Il aurait séjourné quelques jours dans la maison familiale de son père en Charente-Maritime avant de reprendre la route vers Clermont-Ferrand. C’est au cours de ce trajet qu’il aurait fait halte à La Roche-Chalais, un village de Dordogne, pour poster les trois colis piégés. Selon une source proche du dossier, il se serait montré « calme et articulé » lors de son audition, tout en disant « regretter » ses actes. Le 4 octobre, les paquets ont quitté le bureau de poste de La Roche-Chalais sous le pseudonyme ironique de « Laure Loge » (jeu de mots sur « horloge »). Quelques heures plus tard, l’un d’eux a explosé dans la fourgonnette d’un facteur à Saint-Aulaye, sans faire de victime. Les deux autres, destinés à la journaliste Estelle Denis et à l’humoriste Élodie Poux, ont été interceptés à temps et neutralisés par les démineurs de Bordeaux.
Un profil encore mystérieux
Le quinquagénaire affirme ne pas être engagé politiquement. Les enquêteurs cherchent à comprendre les motivations d’un acte aussi ciblé, visant à la fois un député, une journaliste et une humoriste, sans revendication claire. Le nom utilisé sur les colis et la mise en scène de l’envoi laissent penser à une démarche préméditée plutôt qu’à un coup de tête. Pour l’heure, aucune piste idéologique n’est confirmée, mais les gendarmes de Périgueux poursuivent les investigations pour déterminer si d’autres envois ou tentatives ont eu lieu. L’homme devrait être présenté à un juge d’instruction dans les prochains jours.