Cassie accuse Diddy : « Les orgies de drogue sont devenues mon travail »
Cassie accuse Diddy : « Les orgies de drogue sont devenues mon travail »

À la barre dans un procès retentissant, Casandra Ventura, connue sous le nom de scène Cassie, a livré un témoignage saisissant contre son ancien compagnon, Sean « Diddy » Combs, actuellement jugé à New York pour trafic sexuel. L’ancienne chanteuse R&B a décrit un quotidien de violences et de coercition, où les « Freak Offs » — des fêtes sexuelles alimentées par la drogue — ont peu à peu pris le pas sur sa carrière musicale.

Devant les jurés, Ventura a expliqué que ces événements privés, initialement consentis pour « faire plaisir » à Combs, sont rapidement devenus un « travail à plein temps » qu’elle ne pouvait plus refuser. Elle affirme que le producteur l’a manipulée avec des vidéos compromettantes, l’obligeant à continuer sous la menace de représailles. « Il n’y avait plus d’espace pour rien d’autre que récupérer et essayer de se sentir à nouveau normale », a-t-elle déclaré, précisant que ces fêtes pouvaient durer jusqu’à quatre jours.

Combs, 55 ans, a plaidé non coupable des cinq chefs d’accusation retenus contre lui, dont trafic sexuel, transport à des fins de prostitution et association de malfaiteurs. Il encourt une peine minimale de 15 ans de prison et pourrait être condamné à la réclusion à perpétuité. Son avocate, Teny Geragos, admet que l’artiste a pu faire preuve de jalousie et d’un tempérament difficile, mais nie toute criminalité, affirmant qu’il s’agissait de « choix volontaires entre adultes consentants ».

Visiblement émue, Ventura, aujourd’hui âgée de 38 ans et enceinte, a également relaté des violences physiques répétées. « Il me frappait la tête, me traînait, me piétinait la tête », a-t-elle témoigné, ajoutant que Combs contrôlait tous les aspects de sa vie : apparence, emploi du temps, fréquentations. L’accusation a présenté une vidéo de 2016, filmée dans un hôtel de Los Angeles, où l’on voit Combs frapper Ventura avant de la traîner dans un couloir. Ce clip, diffusé l’an dernier sur CNN, avait déjà provoqué un tollé.

Les procureurs soutiennent que l’influence de Combs dans l’industrie musicale a servi à faire taire ses victimes et à couvrir ses agissements. D’autres femmes, anciennes partenaires ou collaboratrices, sont attendues à la barre pour confirmer le système présumé d’abus. Des ex-employés de Combs pourraient également être appelés à témoigner sur l’organisation logistique des « Freak Offs ».

La défense, de son côté, cherche à décrédibiliser Ventura, évoquant de possibles antécédents de violence dans la relation. « Ce n’est pas une affaire de crime, c’est une affaire d’histoires d’amour compliquées », a résumé Me Geragos. Mais pour l’accusation, il s’agit d’un rapport de domination ancré dans la peur, le silence, et l’exploitation. Le procès, prévu pour durer deux mois, pourrait bien devenir l’un des plus médiatisés de l’année aux États-Unis.

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