Agressions sexuelles dans l’Église : quatorze victimes réclament réparation @rawxpil
Agressions sexuelles dans l’Église : quatorze victimes réclament réparation @rawxpil

Un nouveau dossier vient alourdir le scandale des violences sexuelles dans l’Église catholique. Quatorze personnes ont saisi l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) pour dénoncer les agressions commises par le père Eugène Plater, prêtre polonais de 90 ans, ancien responsable du petit séminaire polonais de Paris entre les années 1960 et 1988.

Des faits admis par le prêtre lui-même

Dans un entretien accordé à Ici Auxerre, Eugène Plater a reconnu des « attouchements » sur des enfants, évoquant une période de « trois ou quatre ans ». Déjà en 2011, il avait admis sa responsabilité devant d’anciens élèves qui l’avaient confronté. Aujourd’hui retiré dans l’Yonne, il est hébergé par l’Église, le diocèse de Sens-Auxerre invoquant un « devoir » d’assistance, tout en affirmant n’avoir « aucune trace » des faits dans son dossier. Les victimes identifiées, treize hommes et une femme, tous mineurs à l’époque, résident désormais en Pologne, sauf un. Elles demandent réparation à travers l’Inirr, qui peut proposer une indemnisation allant jusqu’à 60 000 euros.

Une responsabilité internationale en question

Pour Marie Derain de Vaucresson, présidente de l’Inirr, l’affaire dépasse le cadre strict de l’Église de France. Elle pose la question de la responsabilité de la mission polonaise à Paris et du Vatican lui-même. « On ne peut pas laisser les victimes sans réponse », a-t-elle déclaré, insistant sur la dimension internationale du dossier. Créée en 2022 et financée par un fonds de l’Église de France, l’Inirr se retrouve une nouvelle fois face à des révélations qui rappellent l’ampleur du phénomène de violences sexuelles au sein de l’institution catholique, longtemps ignorées ou tues. Pour les victimes, le combat reste celui de la reconnaissance et d’une réparation concrète, malgré le poids des décennies écoulées.

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