Affaire Paul Varry, le cycliste parisien écrasé, mauvais réflexe ou volonté délibérée ?
Affaire Paul Varry, le cycliste parisien écrasé, mauvais réflexe ou volonté délibérée ?

Dans les secondes qui précèdent la mort de Paul Varry, 27 ans, rien ne permet de prévoir qu’un simple échange tendu entre un cycliste et un automobiliste sur le boulevard Malesherbes à Paris tournera au drame. Pourtant, en ce 15 octobre, le jeune homme est violemment écrasé par un SUV Mercedes. Le conducteur plaide la panique, l’erreur de manœuvre. Neuf mois plus tard, un rapport technique fait voler en éclats cette version.

Des gestes précis, un véhicule non autonome

Le document, révélé par nos confères du  Parisien, détaille le fonctionnement du véhicule en cause. Impossible, y lit-on, de faire démarrer la voiture sans une suite d’actions volontaires : pied sur le frein, passage en mode « Drive », relâchement de la pédale, puis accélération. En clair, l’hypothèse d’un « démarrage accidentel » paraît plus que fragile. À cela s’ajoutent des avertisseurs sonores et lumineux censés signaler toute présence à proximité immédiate. Or, le cycliste se trouvait précisément dans l’angle avant gauche de la voiture, un endroit que le système aurait dû signaler. 

Meurtre ou négligence fatale ?

Les vidéos de surveillance, elles, montrent un obstacle – Paul Varry – et un SUV qui l’écrase après une « accélération soudaine et rapide ». Pas de défaillance mécanique, mais un enchaînement d’actes humains. Le conducteur, accompagné de sa fille au moment des faits, reste mis en examen pour meurtre. L’émotion suscitée par cette affaire a même poussé le gouvernement à lancer une mission dédiée à la lutte contre les violences routières. Ce qui, au départ, ressemblait à une dispute de rue dégénérée, pourrait bien s’achever aux assises.

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