Une étude récente a révélé que les adultes qui utilisent leur téléphone portable ou leur tablette juste avant de dormir sont moins susceptibles de bénéficier d’un sommeil réparateur pendant la nuit.
Les chercheurs ont constaté que le temps passé quotidiennement devant les écrans avant le coucher entraîne une baisse de la qualité du sommeil ainsi qu’une réduction de sa durée.
Les résultats indiquent que les troubles du sommeil liés à l’utilisation des écrans ne concernent pas uniquement les enfants et les adolescents, mais affectent également les adultes.
L’équipe de recherche, dirigée par des experts de l’American Cancer Society, a recueilli des données sur les habitudes de sommeil et l’utilisation des écrans (hors télévision) dans l’heure précédant le coucher, auprès de plus de 122 000 personnes aux États-Unis et à Porto Rico.
Les résultats montrent que 41 % des participants utilisent quotidiennement des écrans avant de dormir, tandis que 17 % ne les utilisent pas du tout. Par ailleurs, 58 % des participants sont classés comme des « lève-tôt ».
Les chercheurs ont découvert que les personnes qui utilisent des écrans tous les soirs avant de dormir ont 33 % plus de risques de souffrir d’un sommeil de mauvaise qualité. Elles se couchent également plus tard que les autres et perdent environ 48 minutes de sommeil par semaine.
Les chercheurs attribuent cela en partie à l’effet de la lumière émise par les écrans. Ils expliquent :
« L’exposition à la lumière la nuit peut perturber le sommeil en retardant la sécrétion de mélatonine, ce qui réduit la somnolence et augmente l’état d’éveil. »
Cependant, ils soulignent que les troubles du sommeil pourraient ne pas être uniquement causés par la lumière, mais aussi par le contenu consulté, notamment sur les réseaux sociaux, qui représentent une source majeure de contenu sur les appareils mobiles. Or, peu d’études se sont penchées sur leur usage juste avant le sommeil.
Le lien entre le temps passé devant un écran et la mauvaise qualité du sommeil est particulièrement marqué chez les « couche-tard », qui souffrent déjà d’un risque accru de troubles du sommeil en raison d’un « décalage social », c’est-à-dire d’un désalignement entre leur rythme biologique et leurs obligations sociales.
L’étude a révélé que les « lève-tôt » qui utilisent des écrans avant de dormir se couchent 9,33 minutes plus tard les jours de semaine, tandis que les « couche-tard » vont au lit 15,62 minutes plus tard. Des tendances similaires ont été observées les jours de repos.
Les auteurs concluent que leurs résultats « renforcent les preuves que l’utilisation des écrans électroniques et les perturbations du sommeil en durée et en qualité ne concernent pas uniquement les enfants et les adolescents, mais aussi l’ensemble de la population adulte ». Ils ajoutent que « la diminution de la qualité et de la durée du sommeil semble plus prononcée chez les personnes ayant un chronotype tardif, probablement en raison du décalage de leur heure de coucher ».
Enfin, les chercheurs insistent sur la nécessité de « mieux comprendre les mécanismes par lesquels l’utilisation des écrans perturbe le sommeil (par exemple, la lumière artificielle nocturne contre le contenu consulté), en particulier chez les individus ayant un chronotype tardif, déjà plus vulnérables aux troubles du sommeil à cause des obligations professionnelles et sociales nécessitant un réveil matinal ».