À Strasbourg, une entreprise discrète fondée à la fin des années 1970 s’impose aujourd’hui comme un acteur majeur de la recherche anticancer. Transgene a développé un vaccin thérapeutique qui, loin de prévenir l’apparition de la maladie, vise à empêcher sa récidive. Une approche personnalisée qui suscite un vif intérêt scientifique.
Une arme sur mesure contre les tumeurs
Contrairement aux vaccins classiques qui préviennent une infection, le programme myvac de Transgene est conçu pour soigner. Sa méthode repose sur une biopsie de la tumeur du patient afin d’identifier ses mutations génétiques spécifiques. À partir de ces données, un vaccin individualisé est fabriqué. Une fois injecté, il stimule le système immunitaire pour qu’il cible précisément les cellules tumorales, réduisant ainsi le risque de rechute. Présentée lors du dernier congrès de la société américaine de cancérologie à Chicago, cette stratégie a impressionné les chercheurs. Alessandro Riva, PDG de Transgene, a souligné que cette approche permettait « d’élaborer des vaccins sur mesure à partir des caractéristiques génétiques de chaque patient ».
Des premiers résultats très encourageants
Les données issues d’une étude préliminaire menée au Japon ont renforcé l’optimisme autour du projet. Chez des patients atteints de cancers de la tête et du cou, aucun cas de récidive n’a été constaté dans les deux années qui ont suivi la vaccination. Une avancée notable, quand on sait que ce type de cancer est réputé pour ses rechutes fréquentes et son lourd impact sur la qualité de vie. Si Moderna, avec son vaccin expérimental pour les cancers ORL, conserve une longueur d’avance sur le plan international, l’entreprise française s’impose désormais comme une alternative crédible. Pour la recherche médicale, mais aussi pour l’image d’une biotechnologie française capable de rivaliser avec les géants américains, Transgene incarne une promesse : celle de transformer l’avenir du traitement du cancer en misant sur la personnalisation et la précision immunologique.