À Toulouse, l’inquiétude autour des œufs de poulailler situés à proximité de l’incinérateur du Mirail a conduit l’Agence régionale de santé d’Occitanie à mener une étude approfondie. Alertée en 2023 par l’association Saint-Simon Environnement, suite à la découverte de taux élevés de polluants organiques persistants (dioxines, furanes, PCB) dans un œuf prélevé à moins d’un kilomètre de l’incinérateur, l’ARS a décidé d’élargir l’enquête. Douze poulaillers situés dans un rayon de trois kilomètres autour de l’incinérateur ont ainsi été étudiés. Des échantillons de sol et d’œufs ont été analysés par un laboratoire national de référence, tandis qu’une enquête environnementale a permis d’examiner les pratiques des propriétaires. Résultat : seuls deux sites présentent des taux supérieurs aux seuils réglementaires. Et ces deux cas concernent… les poulaillers les plus éloignés de l’incinérateur.
Des matériaux recyclés en cause, pas l’incinérateur
L’étude conclut sans ambiguïté que l’incinérateur du Mirail n’est pas à l’origine des pollutions constatées. Les dépassements relevés dans les deux poulaillers hors zone directe d’influence seraient liés à l’environnement immédiat, notamment à l’usage de matériaux anciens ou recyclés pour la construction des installations, reconnus comme potentiellement émetteurs de polluants organiques persistants. L’ARS en profite pour émettre plusieurs recommandations à destination des éleveurs particuliers : ne pas utiliser de matériaux anciens pour les constructions, nourrir les volailles à l’aide de mangeoires plutôt qu’au sol, éviter l’usage de cendre dans les jardins, et s’assurer d’une hygiène stricte des installations. En somme, les œufs des poulaillers toulousains proches de l’incinérateur peuvent être consommés sans crainte. Pour les autres, un peu plus de vigilance s’impose, non pas vis-à-vis de l’air ambiant, mais du sol et des matériaux présents dans l’environnement immédiat des poules.