Une étude internationale met en garde contre les maladies des gencives, en particulier la parodontite, qui ne seraient pas uniquement un problème bucco-dentaire localisé, mais pourraient également aggraver les maladies chroniques du foie, comme la cirrhose.
Menée par des chercheurs de l’université de Jilin en Chine, l’étude indique que des gestes simples tels que le brossage des dents, l’utilisation du fil dentaire et des visites régulières chez le dentiste pourraient jouer un rôle clé dans la prévention de complications graves, notamment la détérioration hépatique, selon les résultats publiés mercredi dans la revue eGastroenterology.
Les maladies des gencives
Les maladies des gencives, et en particulier la parodontite chronique, sont des inflammations causées par une infection bactérienne des tissus qui soutiennent les dents. Elles sont parmi les affections les plus répandues dans le monde, et leur gravité augmente avec l’âge, le tabagisme et une mauvaise hygiène bucco-dentaire.
La parodontite survient lorsque l’inflammation des gencives persiste, provoquant la destruction des tissus et des os qui maintiennent les dents en place. Sans traitement, elle peut entraîner un recul des gencives et la perte des dents. Elle est principalement due à l’accumulation de bactéries dans la bouche. Les symptômes courants incluent le saignement des gencives, la mauvaise haleine et la sensibilité dentaire. Sans prise en charge, la maladie peut évoluer rapidement, nécessitant une intervention médicale pour éviter des pertes dentaires sévères.
Lien entre maladies des gencives et atteintes hépatiques
Les chercheurs ont introduit le concept de l’axe bouche–intestin–foie, qui décrit le lien entre les bactéries buccales, le microbiote intestinal et la fonction hépatique. Ces bactéries peuvent migrer vers le système digestif ou le sang lors d’activités quotidiennes comme mâcher ou se brosser les dents, provoquant un déséquilibre microbien, une perméabilité intestinale accrue, et donc le passage de toxines vers le foie, entraînant inflammation et fibrose hépatique.
L’étude montre que les bactéries buccales pourraient aggraver la stéatohépatite métabolique, une maladie hépatique liée au métabolisme, et ont même été détectées dans les tissus hépatiques. L’inflammation chronique des gencives favorise également la production de cytokines inflammatoires, qui contribuent au développement des maladies du foie.
Les données cliniques appuient ce lien : les patients atteints de cirrhose présentent une santé bucco-dentaire plus dégradée, avec une érosion gingivale accrue et une perte osseuse dentaire plus fréquente. Chez les patients en attente de greffe de foie, le taux de parodontite atteint 72 %.
Dans une étude clinique, le traitement des maladies des gencives a entraîné une amélioration temporaire des enzymes hépatiques, renforçant l’hypothèse d’un lien entre santé buccale et fonctions hépatiques.
Les chercheurs soulignent la nécessité d’une approche médicale intégrée, impliquant une collaboration entre hépatologues et dentistes, afin d’assurer une prise en charge globale des patients. Si ces résultats sont confirmés par des études plus larges, le traitement de la parodontite pourrait devenir un élément clé de la prise en charge des maladies chroniques du foie.