Certaines personnes estiment que faire une sieste quotidienne améliore l’humeur, renforce la mémoire et augmente la productivité, tandis que d’autres considèrent qu’elle peut nuire au sommeil nocturne.
Selon le site « The Conversation », Talaar Mokhtarian, professeure adjointe en santé mentale à la Faculté de médecine de l’Université de Warwick, au Royaume-Uni, affirme que la sieste est un outil à double tranchant. Si elle est bien utilisée, elle peut être un moyen efficace de recharger le cerveau, d’améliorer la concentration et de soutenir la santé mentale et physique. En revanche, une mauvaise utilisation peut entraîner de la léthargie, de la confusion et des difficultés à dormir plus tard. Le secret réside dans la compréhension de la manière dont le corps régule le sommeil et l’éveil.
Elle ajoute que la plupart des gens connaissent une baisse naturelle de la vigilance en début d’après-midi, généralement entre 13h et 16h. Ce phénomène ne résulte pas seulement d’un déjeuner copieux, mais notre horloge biologique, ou rythme circadien, crée des cycles d’éveil et de fatigue tout au long de la journée. Le calme de l’après-midi fait partie de ce rythme, et c’est pourquoi beaucoup se sentent fatigués à ce moment-là.
Elle souligne que des études montrent qu’une courte sieste à ce moment-là, suivie d’une exposition à une lumière vive, peut aider à lutter contre la fatigue, augmenter la vigilance et améliorer les fonctions cognitives sans affecter le sommeil nocturne.
Cette sieste permet au cerveau de se reposer sans plonger dans un sommeil profond, ce qui facilite un réveil rafraîchi.
Cependant, elle met en garde contre les siestes trop longues, qui peuvent entraîner un réveil encore plus difficile, en raison de ce qu’on appelle la « lenteur du sommeil », c’est-à-dire la léthargie et la confusion qui se produisent lorsqu’on se réveille pendant les phases de sommeil profond.
Elle explique qu’une sieste de plus de 30 minutes amène le cerveau dans une phase de sommeil à ondes lentes, ce qui rend le réveil plus difficile.
Les études ont montré que le réveil d’un sommeil profond peut rendre une personne léthargique pendant jusqu’à une heure, ce qui peut avoir des conséquences graves si elle tente d’accomplir des tâches ou de prendre des décisions importantes. De plus, si la sieste est prise trop tard dans la journée, elle peut diminuer l’accumulation de la pression de sommeil, ce qui rend l’endormissement nocturne plus difficile.
Quand la sieste est-elle nécessaire ? Pour certaines personnes, la sieste est essentielle. Les travailleurs avec des horaires irréguliers, comme ceux en rotation, souffrent souvent de sommeil fragmenté en raison de l’irrégularité de leurs horaires, et une sieste avant un quart de travail de nuit peut améliorer la vigilance et réduire les erreurs.
De même, ceux qui manquent régulièrement de sommeil la nuit, que ce soit à cause du travail, des responsabilités familiales ou autres, peuvent bénéficier d’une sieste pour compenser le manque de sommeil.
Cependant, Mokhtarian précise que compter sur la sieste plutôt que sur l’amélioration du sommeil nocturne est une solution temporaire, non durable. Elle conseille généralement aux personnes souffrant d’insomnie chronique d’éviter les siestes, car elles peuvent diminuer l’envie de dormir la nuit.
Elle mentionne également que certains utilisent la sieste pour améliorer les performances, en particulier les athlètes qui l’intègrent dans leur programme d’entraînement pour accélérer la récupération musculaire, améliorer les réflexes et l’endurance.
Les recherches montrent également que les travailleurs dans des secteurs nécessitant une grande concentration, comme les soins de santé ou les équipages aériens, bénéficient de siestes courtes pour maintenir leur concentration et réduire les erreurs liées à la fatigue.
La NASA a découvert qu’une sieste de 26 minutes peut améliorer les performances des employés de vol de longue durée de 34 %, et la vigilance de 54 %.
Comment faire une bonne sieste ? Pour qu’une sieste soit efficace, le timing et l’environnement sont des facteurs cruciaux. Une sieste de 10 à 20 minutes évite la léthargie, et le moment idéal pour la faire est avant 14 h. Une sieste trop tardive peut perturber le rythme naturel du sommeil.
La meilleure sieste se fait dans un environnement frais, sombre et calme, ressemblant aux conditions d’un sommeil nocturne. Des masques pour les yeux et des écouteurs antibruit peuvent être utiles, en particulier pour ceux qui dorment dans des endroits lumineux ou bruyants.
Bien que la sieste présente des avantages, elle n’est pas adaptée à tout le monde. L’âge, le mode de vie et les habitudes de sommeil influencent son efficacité. Une bonne sieste repose sur une bonne planification : savoir quand et comment dormir, et déterminer si une sieste est nécessaire.