Après Paris, Lyon ou encore Lille, c’est désormais l’agglomération de Mont-de-Marsan qui a décidé de retirer le thon des assiettes scolaires. L’annonce est tombée mardi, transmise aux maires des communes concernées. La mesure, présentée comme temporaire, s’inscrit dans la série de décisions prises par plusieurs grandes villes depuis fin août pour limiter les risques liés à une possible contamination au mercure.
Un front commun contre le risque sanitaire
En quelques jours, huit villes, de Rennes à Montpellier, avaient déjà écarté ce poisson de leurs menus collectifs. Mont-de-Marsan les rejoint en invoquant le « principe de précaution ». La vice-présidente de l’agglomération, Marie-Christine Bourdieu, a précisé que la priorité restait la sécurité alimentaire des enfants, aussi bien dans le temps scolaire que périscolaire. L’affaire n’est pas nouvelle : à l’automne dernier, deux associations, Bloom et Foodwatch, avaient alerté sur l’ampleur de la présence de mercure dans le thon en conserve. Le métal lourd figure parmi les dix substances les plus préoccupantes pour la santé publique selon l’Organisation mondiale de la santé.
L’Europe pointée du doigt, l’Etat rassurant
La polémique se déplace désormais sur le terrain réglementaire. Les municipalités concernées demandent à Bruxelles de revoir les seuils autorisés. Actuellement, la Commission européenne fixe la limite à 1 mg/kg pour le thon, contre seulement 0,3 mg/kg pour d’autres poissons comme le cabillaud ou la sardine. Les élus locaux estiment que cet écart n’est plus acceptable. De son côté, l’Etat a tenu à calmer les inquiétudes. Le ministère de l’Agriculture a assuré fin août qu’aucune défaillance sanitaire n’avait été détectée dans le respect des normes en vigueur, ni signalée par les autocontrôles réalisés par les professionnels. Le fossé se creuse donc entre un discours officiel rassurant et la volonté de plusieurs collectivités d’agir vite, quitte à s’affranchir des conclusions de l’administration. Pour Mont-de-Marsan, comme pour les autres villes déjà engagées, mieux vaut prévenir que risquer d’exposer les enfants à un danger invisible, mais jugé préoccupant.