Les récentes déclaration de la direction du centre hospitalier de Lisieux qui a assuré qu’aucune erreur médicale n’avait eu lieu lors de la préparation d’opérations ont poussé Daniel Lemarinel à sortir du silence : « Pour moi, c’était du passé, mais ces déclarations, c’est trop. Hospitalisé en urgence à l’hôpital de Lisieux après une chute survenue en décembre 2021, Daniel Lemarinel, 75 ans, garde un souvenir amer de son passage au bloc opératoire. Alors que les médecins avaient diagnostiqué une fracture à la jambe gauche, c’est sa jambe droite qui a été opérée par erreur. Une faute que l’ancien professeur à la retraite n’a jamais digérée. Dès son réveil, le patient comprend l’ampleur de l’erreur : le pansement se trouve sur la mauvaise jambe. « Il était bien précisé que je devais être opéré du côté gauche dans le dossier médical. Il faut croire que personne ne l’a ouvert », déplore-t-il aujourd’hui, interrogé par Ouest-France. L’opération sur la jambe gauche a finalement eu lieu une heure plus tard. Mais entre-temps, une broche avait été inutilement posée sur sa jambe droite.
Un règlement amiable… qui laisse un goût amer
Dans un premier temps, Daniel Lemarinel choisit de ne pas médiatiser l’affaire et accepte un règlement amiable. L’assurance de l’hôpital lui verse une indemnisation, renégociée à deux reprises. « Ma fille terminait sa formation à l’hôpital, à ce moment-là. Je ne voulais pas que la situation lui nuise », confie-t-il. Mais les récentes déclarations de la direction hospitalière, niant toute erreur médicale survenue dans ce contexte, ravivent sa colère. « Pour moi, c’était du passé, mais ces déclarations, c’est trop. (…) Ils n’ont pas respecté le protocole. Normalement, on badigeonne le côté à opérer », insiste le retraité, qui dit souffrir encore de douleurs du côté droit. Interrogé par nos confrères de Ouest-France, le centre hospitalier évoque le secret médical et évite de commenter directement l’affaire. Le directeur, Nicolas Bougaut, admet néanmoins qu’un événement grave survenu en 2021 a conduit à un renforcement des procédures. Il évoque des « manquements collectifs » et promet une vigilance accrue. Trop tard, selon Daniel Lemarinel, pour qui les excuses tardives ne gommeront pas une faute qu’il juge inexcusable.