Le Bangladesh est confronté à une aggravation rapide de l’épidémie de dengue, une maladie virale transmise par les moustiques, avec déjà 101 décès recensés depuis le début de l’année. Selon les données officielles, 24 183 personnes ont été infectées, un chiffre qui ne cesse de croître et qui met à rude épreuve un système de santé déjà saturé. Les autorités sanitaires redoutent que le mois d’août, en pleine saison de la mousson, n’entraîne une nouvelle flambée des contaminations.
Les experts estiment que les conditions climatiques actuelles, associées à une gestion insuffisante de la lutte contre les moustiques, favorisent la propagation de la maladie. Ils alertent sur l’urgence d’intensifier les campagnes de prévention, de désinsectisation et de sensibilisation, faute de quoi la situation pourrait rapidement devenir incontrôlable.
Dans les hôpitaux, les services de soins sont débordés. Des images prises à Dhaka montrent des patients dormant sur des chariots à trois roues recouverts de moustiquaires, faute de lits disponibles. Les médecins rapportent une hausse marquée des cas graves, notamment de dengue hémorragique, qui peut être mortelle en l’absence de traitement rapide et adapté.
La dengue, pour laquelle il n’existe pas de traitement antiviral spécifique, se combat essentiellement par la prévention et la prise en charge symptomatique. Les autorités bangladaises appellent la population à éliminer les eaux stagnantes autour des habitations, principaux lieux de reproduction du moustique Aedes aegypti, vecteur de la maladie.
L’Organisation mondiale de la santé suit de près l’évolution de l’épidémie au Bangladesh, tout en rappelant que la dengue connaît une progression inquiétante dans plusieurs pays d’Asie et d’Amérique latine cette année. La combinaison du changement climatique, de l’urbanisation rapide et du manque d’infrastructures sanitaires favorise, selon ses experts, l’expansion de cette menace sanitaire mondiale.