France et Europe : Danone étend le rappel de laits infantiles après une révision sanitaire
France et Europe : Danone étend le rappel de laits infantiles après une révision sanitaire

La liste des laits infantiles concernés par des rappels ne cesse de s’allonger en France. Après Picot, Guigoz et Nidal, une nouvelle marque annonce à son tour le retrait de plusieurs lots. Ce mouvement, enclenché depuis la fin de l’année 2025, s’inscrit dans un contexte de durcissement des règles sanitaires liées à la toxine céréulide, un composé potentiellement dangereux pour les nourrissons.

Ce lundi 2 février, la marque Popote, dont les produits sont fabriqués dans le nord-ouest de la France, a annoncé le rappel de deux lots de laits infantiles de premier âge commercialisés sur le territoire. Le fabricant justifie cette décision par l’abaissement récent du seuil réglementaire concernant la céréulide, toxine déjà à l’origine de rappels massifs dans plus de soixante pays.

Le 30 janvier, le ministère de l’Agriculture a en effet décidé d’appliquer un seuil limite plus strict à l’ensemble des fabricants français, afin de renforcer le dispositif de sécurité sanitaire. Dans son communiqué, Popote explique avoir choisi d’appliquer immédiatement ce nouveau cadre, sans attendre d’éventuelles échéances transitoires. Les produits concernés sont les laits infantiles premier âge références 910077 en format 800 grammes et 910143 en format 400 grammes, tous deux assortis d’une date de durabilité minimale fixée à septembre 2027.

Babybio à nouveau concernée par des retraits

La marque Babybio est également de nouveau touchée. Après un premier rappel annoncé fin janvier, le fabricant Vitagermine procède à un nouveau retrait de lots de laits infantiles premier âge, là encore en lien avec l’abaissement du seuil pour la céréulide. Trois lots sont concernés, deux références Caprea 1 de 800 grammes avec des dates de durabilité minimale en juillet et septembre 2027, ainsi qu’un lot Optima 1 de 800 grammes avec une date de durabilité minimale en octobre 2027.

Ces décisions s’ajoutent à une série de rappels engagés depuis décembre par plusieurs poids lourds du secteur. Les groupes Nestlé, Danone et Lactalis ont déjà retiré de la vente des lots de laits infantiles distribués dans de nombreux pays, dont la France, en raison d’un risque potentiel lié à cette toxine.

La situation prend désormais une dimension judiciaire 

Deux enquêtes pénales sont en cours, à Angers et à Bordeaux, après le décès de nourrissons ayant consommé des laits Nestlé ultérieurement rappelés. À ce stade, aucun lien direct n’a été formellement établi entre les symptômes observés et les produits incriminés. Parallèlement, une plainte a été déposée par l’association Foodwatch, soutenue par plusieurs familles, qui reprochent aux fabricants d’avoir tardé à retirer des lots jugés suspects.

Dans ce contexte de tension sanitaire, la Commission européenne a confié à l’Autorité européenne de sécurité des aliments la mission de rendre un avis scientifique sur la céréulide. Cet avis, attendu ce 2 février, pourrait peser lourd dans l’évolution des normes applicables et dans la gestion de cette crise qui touche un secteur particulièrement sensible.

Si les autorités sanitaires insistent sur le caractère préventif de ces rappels, l’accumulation des retraits alimente l’inquiétude des familles et met sous pression l’ensemble de la filière des laits infantiles. Le durcissement réglementaire marque une volonté claire de privilégier le principe de précaution, au prix d’une instabilité durable pour les industriels comme pour les consommateurs.

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