WASHINGTON — Le cancer, qui a tant marqué la vie de Joe Biden, menace aujourd’hui directement l’ancien président américain. Ce week-end, son bureau a révélé qu’il souffrait d’un cancer de la prostate qui s’est déjà propagé aux os. Une forme avancée de la maladie, désormais incurable, bien que des traitements puissent encore en ralentir la progression.
Dans la famille Biden, on dit que les trois mots les plus redoutés sont : « vous avez un cancer ». Son fils Beau est décédé d’une tumeur cérébrale en 2015, une tragédie qui a bouleversé l’itinéraire politique de Joe Biden. Quelques années plus tard, Jill Biden, son épouse, a elle aussi dû subir l’ablation de deux lésions cancéreuses. Aujourd’hui, c’est à 82 ans que l’ancien président doit affronter à son tour ce fléau, au crépuscule d’une carrière politique longue de plusieurs décennies.
« Le cancer nous touche tous », a écrit Biden sur les réseaux sociaux. « Jill et moi avons appris, comme tant d’autres, que c’est dans les blessures que nous trouvons notre force. »
Ce diagnostic survient après une fin de présidence difficile, marquée par des doutes persistants sur sa santé et son aptitude à briguer un second mandat. Face à une pression croissante, Biden avait finalement renoncé à se présenter en 2024, laissant place à Kamala Harris, battue ensuite par Donald Trump. Alors qu’il tente de protéger son héritage politique, c’est une autre bataille, bien plus personnelle, qui s’impose désormais à lui.
Biden n’a jamais dissimulé l’impact de la perte de Beau sur ses choix politiques. Vice-président à l’époque, il avait renoncé à se présenter à l’élection présidentielle de 2016, facilitant ainsi la voie à Hillary Clinton. Il avait ensuite lancé, à la Maison Blanche, une vaste initiative contre le cancer, qualifiée de « moonshot », visant à accélérer la recherche et les traitements. Une priorité qu’il a maintenue lors de sa propre présidence.
L’ancien président a également défendu avec vigueur la loi PACT, adoptée sous son mandat, qui élargit l’accès aux soins pour les vétérans exposés à des substances toxiques, notamment dans les bases militaires. Biden a toujours été convaincu que le décès de son fils était lié à son service en Irak, où Beau avait été exposé à des fumées toxiques.
La première dame Jill Biden n’a pas été épargnée non plus. En 2023, elle a dû subir l’ablation de deux carcinomes basocellulaires, détectés à temps. « J’ai eu de la chance », avait-elle déclaré, évoquant un moment émotionnellement plus difficile qu’elle ne l’avait anticipé.
Joe Biden, quant à lui, avait déjà affronté une menace vitale en 1988, lorsqu’il avait subi un grave anévrisme cérébral. Dans ses mémoires, il évoquait cet épisode sans peur particulière de mourir, affirmant avoir toujours su que la vie ne garantissait pas l’équité.
Son entourage le décrit aujourd’hui comme déterminé à affronter cette nouvelle épreuve avec le même état d’esprit. « Il pense déjà à la prochaine bataille », confie Denis McDonough, ancien secrétaire aux Anciens combattants. Pour Biden, le combat contre le cancer est à la fois personnel et collectif — une cause qui aura marqué son parcours du début à la fin.