Health Data Hub : Scaleway choisi, l’État reprend la main sur le cloud des données de santé
Health Data Hub : Scaleway choisi, l’État reprend la main sur le cloud des données de santé

Ça bouge enfin sur un dossier qui empoisonne l’air du numérique public depuis des années. Pour l’hébergement du Health Data Hub, la plateforme qui doit permettre de travailler sur de gigantesques bases de données de santé, l’État a acté un changement de cap : Scaleway, l’opérateur cloud du groupe Iliad, est choisi pour succéder à Microsoft Azure.

Un virage attendu, presque réclamé à voix haute, tant le choix initial d’un géant américain avait cristallisé la même inquiétude chez les juristes, les politiques et les défenseurs de la vie privée : à qui appartiennent vraiment ces données quand elles reposent sur une infrastructure exposée à des lois extraterritoriales comme le Cloud Act ?

Fin de l’ère Azure, début du test grandeur nature

Derrière la formule de « souveraineté », il y a du concret. Héberger des données de santé, en France, ne se résume pas à louer des serveurs, il faut une certification HDS et un cadre qui tienne face aux exigences du RGPD, sous l’œil de la CNIL, qui a plusieurs fois poussé l’exécutif à réduire le risque d’accès par des autorités non européennes. Scaleway arrive avec l’avantage du drapeau et l’ambition d’un cloud alternatif, mais aussi avec une réalité implacable : le Health Data Hub n’est pas un petit site vitrine, c’est un paquebot de données, pensé pour la recherche, l’épidémiologie, l’évaluation des politiques publiques. La promesse, c’est une meilleure maîtrise. La question technique, elle, ne disparaît pas par magie.

Reste le nerf de la guerre, celui que le lecteur devine entre les lignes : la dépendance. Pendant longtemps, l’argument pro Azure tenait en une phrase, la maturité et la puissance des outils data et IA des hyperscalers. En choisissant Scaleway, l’État envoie un signal politique clair, mais il se place aussi face à un test grandeur nature, celui de la capacité française à offrir du solide, du stable et du scalable sans s’adosser aux géants américains. Si la bascule se passe bien, ce contrat public fera figure de tremplin pour tout un écosystème, et le mot « cloud de confiance » cessera peut-être d’être un slogan pour devenir une habitude.

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