Génération Z : la kétamine, nouvelle drogue à la mode aux effets dévastateurs
Génération Z : la kétamine, nouvelle drogue à la mode aux effets dévastateurs

Longtemps cantonnée aux milieux festifs électros, la kétamine a franchi les frontières des soirées technos pour s’ancrer dans le quotidien d’une jeunesse en quête de sensations fortes, de soulagement mental… ou d’une échappatoire. Appelée « Special K » ou encore « cocaïne rose », la kétamine s’est fait une place dans les usages récréatifs des 18-25 ans. 

Une drogue bon marché, perçue comme inoffensive

Moins chère que la cocaïne, facilement accessible, elle est d’abord connue pour ses usages médicaux, notamment en anesthésie. Mais ses effets dissociatifs et hallucinogènes – parfois jusqu’au coma, appelé « K-hole » – séduisent un public de plus en plus large, qui méconnaît ses risques réels. Des chiffres récents montrent que l’usage a bondi : +150 % d’utilisateurs avec trouble addictif entre 2012 et 2021. La moyenne d’âge des consommateurs s’établit autour de 25 ans, majoritairement des hommes. Et les modes de consommation changent : dans le cadre du chemsex, pour s’auto-médicamenter ou pour « apaiser l’anxiété », en multipliant les prises. Le problème ? Les dangers sont souvent ignorés, voire délibérément minimisés.

Des ravages silencieux sur la santé

Sur le terrain, les médecins tirent la sonnette d’alarme. À Rennes, le CHU recense une trentaine de cas graves liés à la kétamine en cinq ans, dont les deux tiers ces deux dernières années. La drogue détruit vessie, reins, uretères. Résultat : des patients qui urinent jusqu’à 60 fois par jour, souffrent en continu, et voient leur qualité de vie s’effondrer. Certains finissent dialysés, d’autres atteints de cholangites. Le tout, en entretenant un cercle vicieux : plus ils souffrent, plus ils consomment. Contrairement à sa réputation, la kétamine peut entraîner une forme sévère de dépendance. Le sevrage est long, difficile, souvent impossible sans accompagnement. Les rares patients ayant réussi témoignent de l’amélioration spectaculaire de leur état. Pour les professionnels, le message est clair : mieux informer, surveiller, et alerter une jeunesse qui pense encore avoir trouvé une substance sans conséquences.

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