Édulcorants - une nouvelle étude les associe à un déclin cognitif accéléré @flickr
Édulcorants - une nouvelle étude les associe à un déclin cognitif accéléré @flickr

Les substituts de sucre, déjà soupçonnés d’augmenter certains risques cardiovasculaires ou métaboliques, sont désormais pointés du doigt pour leurs effets sur le cerveau. Une vaste étude brésilienne, publiée le 3 septembre dans Neurology, a suivi plus de 12 000 personnes âgées en moyenne de 52 ans. Résultat : les plus gros consommateurs d’édulcorants ont présenté une baisse des capacités de mémoire et de réflexion équivalente à un vieillissement prématuré d’environ 1,6 an.

Un impact marqué chez les moins de 60 ans

Sept édulcorants ont été passés au crible, dont l’aspartame, la saccharine, le sorbitol ou l’érythritol. Les participants qui en consommaient en moyenne 191 mg par jour ont vu leur déclin cognitif s’accélérer de 62 % par rapport à ceux qui se limitaient à une vingtaine de mg quotidiens. L’effet s’est révélé particulièrement fort chez les moins de 60 ans et chez les diabétiques. Au-delà de cet âge, en revanche, les résultats n’étaient pas significatifs. Les chercheurs avancent l’hypothèse d’une neurotoxicité ou d’une inflammation cérébrale induite par les métabolites de ces produits. Un seul édulcorant, le tagatose, n’a pas montré de lien avec la dégradation des performances cognitives.

Un dossier sanitaire qui s’alourdit

Ces conclusions s’ajoutent à une série d’alertes. En 2022, l’équipe NutriNet-Santé avait établi une hausse de 10 % du risque de cancer chez les gros consommateurs. L’aspartame a par ailleurs été classé « cancérogène possible » par l’OMS en 2023. D’autres travaux suggèrent aussi un impact négatif sur le microbiote intestinal et un risque accru de surpoids, malgré l’absence de calories. Pour les experts, ces données devraient inciter à revoir les recommandations alimentaires, en particulier pour les patients diabétiques ou souffrant de facteurs de risque vasculaires. L’OMS, de son côté, préconise depuis 2023 de réduire drastiquement le goût sucré dans l’alimentation, qu’il provienne du sucre ou des édulcorants. En clair, les produits « light » et les sucres artificiels n’apparaissent plus comme une alternative inoffensive. Derrière l’illusion du goût sucré sans calories, se dessine un faisceau d’effets indésirables que la recherche commence seulement à mesurer.

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