La présence de sang dans les urines, même une seule fois et sans douleur, peut parfois révéler un cancer de la vessie. Cette maladie touche principalement les personnes âgées et le tabagisme constitue son principal facteur de risque. Souvent découvert à l’occasion d’un saignement urinaire, ce cancer peut bénéficier de traitements efficaces lorsqu’il est diagnostiqué à un stade précoce.
La vessie est un organe creux situé dans le bassin, chargé de stocker l’urine avant son évacuation. Le cancer de la vessie se développe le plus souvent à partir des cellules qui tapissent sa paroi interne, appelées cellules urothéliales. La maladie touche davantage les hommes que les femmes et sa fréquence augmente avec l’âge. Le tabac représente le principal facteur de risque reconnu, car certaines substances cancérogènes inhalées passent dans le sang puis sont éliminées par les reins, exposant la paroi de la vessie à leurs effets. Certaines expositions professionnelles à des produits chimiques peuvent également favoriser l’apparition de la maladie.
Un saignement parfois isolé et sans douleur
Le symptôme le plus fréquent est l’hématurie, c’est-à-dire la présence de sang dans les urines. Celles-ci peuvent devenir roses, rouges ou brunâtres, mais le saignement peut aussi être invisible à l’œil nu et découvert lors d’une analyse. L’une des particularités du cancer de la vessie est que le saignement peut apparaître sans douleur et disparaître spontanément pendant plusieurs jours ou semaines. Cette disparition peut rassurer à tort certaines personnes, qui décident alors de ne pas consulter. Pourtant, tout saignement urinaire visible et inexpliqué mérite une évaluation médicale, même lorsqu’il ne se reproduit pas.
D’autres symptômes peuvent apparaître, notamment des envies fréquentes d’uriner, des brûlures lors de la miction ou une sensation d’urgence urinaire. Ces manifestations sont cependant beaucoup plus souvent liées à des infections urinaires ou à d’autres affections bénignes. Le diagnostic repose sur plusieurs examens, parmi lesquels l’analyse des urines, l’imagerie de l’appareil urinaire et surtout la cystoscopie. Cet examen permet d’observer directement l’intérieur de la vessie grâce à une petite caméra introduite par l’urètre. Lorsqu’une lésion suspecte est identifiée, elle peut être retirée ou prélevée afin d’être analysée.
Des traitements adaptés à la profondeur de la tumeur
La prise en charge dépend principalement du stade de la maladie et de la profondeur à laquelle la tumeur s’est développée dans la paroi vésicale. Lorsque le cancer n’atteint pas le muscle de la vessie, le traitement repose généralement sur une résection endoscopique permettant de retirer la tumeur par les voies naturelles. Selon le risque de récidive ou de progression, des traitements administrés directement dans la vessie peuvent être proposés, notamment certaines chimiothérapies locales ou des instillations de BCG destinées à stimuler une réaction immunitaire contre les cellules cancéreuses.
Lorsque le cancer infiltre le muscle de la vessie, les traitements deviennent plus lourds. Une chirurgie consistant à retirer la vessie peut être nécessaire, parfois associée à une chimiothérapie ou à d’autres traitements systémiques. Chez certains patients sélectionnés, une stratégie associant résection, chimiothérapie et radiothérapie peut permettre de préserver l’organe. Les traitements des formes avancées ont également évolué avec l’immunothérapie et différentes thérapies ciblées. Le suivi reste particulièrement important, car certains cancers superficiels présentent un risque de récidive nécessitant des contrôles réguliers par cystoscopie.
Le cancer de la vessie rappelle qu’un symptôme indolore n’est pas nécessairement anodin. Du sang dans les urines peut avoir de nombreuses causes, notamment une infection, un calcul urinaire ou une autre maladie de l’appareil urinaire. Mais il ne doit jamais être automatiquement attribué à une cause bénigne sans vérification. Une consultation permet d’en déterminer l’origine et, lorsqu’une tumeur est présente, de la découvrir à un stade où les possibilités de traitement sont généralement plus favorables.

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