Apéros sous surveillance : la bière épinglée pour sa teneur en pesticides
Apéros sous surveillance : la bière épinglée pour sa teneur en pesticides

Avec l’arrivée des beaux jours, les apéros en terrasse fleurissent… et les bières coulent à flot. Mais derrière leur mousse dorée, certaines canettes cachent un ingrédient indésirable : des traces de pesticides. Une enquête de 60 Millions de consommateurs, publiée ce printemps, alerte sur la présence de résidus chimiques, notamment de glyphosate, dans une grande partie des bières analysées.

Glyphosate en pression

Le magazine a passé au crible 45 références de bières – 39 blondes et 6 blanches – à la recherche de 250 molécules chimiques. Résultat : trois quarts des échantillons testés contiennent des résidus de pesticides. Même des marques bien connues, vendues à des prix plus élevés, ne sont pas épargnées. Le plus fréquent d’entre eux : le glyphosate, un herbicide controversé commercialisé par Monsanto, classé « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 2015. Trois marques ressortent nettement du lot pour leur taux particulièrement élevé : Affligem blonde, Hoegaarden et Itinéraire des saveurs. Ces bières contiennent les niveaux de glyphosate les plus importants détectés dans l’étude. Même si les experts relativisent les risques immédiats — il faudrait ingérer 2 000 litres par jour pour dépasser les seuils admissibles —, cette présence reste le symptôme d’une pollution généralisée qui s’infiltre dans nos produits du quotidien.

Des alternatives plus vertueuses

Tout n’est pas sombre pour autant : onze bières se révèlent totalement exemptes de pesticides, selon l’enquête. Parmi elles, 33 Export, Carlsberg et Heineken Lager Beer tirent leur épingle du jeu. De quoi faire un choix plus éclairé au rayon boissons, sans sacrifier l’ambiance de l’apéritif. Si la teneur en pesticide reste réglementée et sans danger immédiat aux doses relevées, cette étude met une nouvelle fois en lumière l’omniprésence du glyphosate dans l’agriculture conventionnelle. Pour limiter l’exposition à ces résidus, les experts recommandent de privilégier les bières issues de l’agriculture biologique, ou fabriquées à partir d’orges non traitées. Car derrière le simple plaisir de trinquer se cache un enjeu bien plus vaste : celui de la qualité de notre alimentation, même sous sa forme la plus festive.

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